"Panama Papers" : le nom de la Croix-Rouge usurpé pour cacher de l’argent sale

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SCANDALE – Selon les révélations de "Panama Papers", le Comité international de la Croix-Rouge a été victime des pratiques du cabinet Mossack Fonseca. La firme panaméenne a désigné l’ONG comme bénéficiaire de deux fondations pour blanchir de l’argent sale.

Le nom de la célèbre ONG basée en Suisse a été employé pour camoufler des opérations de blanchiment. Telle est la nouvelle révélation du journal suisse Le Matin , dimanche 10 avril, dans le cadre du scandale des "Panama Papers". La firme panaméenne Mossack Fonseca a en effet utilisé l’identité du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour certains de ses clients. Le prestataire de services offshore leur a permis de masquer leurs comptes bancaires personnels via deux fondations, la Brotherhood Foundation et la Faith Foundation.

La Croix-Rouge a ainsi été citée comme bénéficiaire de ces deux entités sans en avoir été informée. Près de 500 sociétés offshores auraient également profité de cette manœuvre par le cabinet Mossack Fonseca. "Selon la législation de Panama, les bénéficiaires d’une fondation peuvent être utilisés sans le savoir, a indiqué Le Matin. Cela signifie que la Croix-Rouge internationale n’a pas conscience de cet arrangement".

"Les risques sont énormes"

Une situation qui affole le président de l’ONG, Peter Mauer. "Les risques sont énormes. Si nous nous retrouvons, par exemple, associés à une société offshore, appartenant à une faction en guerre, je n'ose pas imaginer à quoi nous pourrions être mêlés, affirme-t-il au journal suisse. Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à cet abus. Nous n'avons jamais eu de relation avec Mossack Fonseca et n'avons jamais reçu d'argent de leur part", a-t-il ajouté.

"Le nom du CICR a besoin d'une protection particulière, car nous travaillons dans des zones de guerre et (où il y a des) conflits entre plusieurs belligérants. La sécurité de nos employés est en partie assurée parce que notre nom et notre emblème sont respectés", poursuit-il.

L’Argentine et les Emirats en cause

Des dizaines de millions de dollars de fonds publics ont également été détournés en Argentine. Le couple présidentiel Nestor Kirchner et Cristina Fernandez de Kirchner, tour à tour au pouvoir de 2003 à 2015, aurait utilisé ce système pour blanchir près de 65 millions de dollars.

Et ils ne sont pas les seuls : le président des Emirats Arabes Unis, le Cheikh Khalifa bin Zayid Nahyan, aurait également bénéficié de ce montage pour acquérir de manière anonyme des maisons situées dans les quartiers les plus huppés de Londres en 2015.

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