"Panama Papers" : les trésors (bien) cachés des Ports Francs de Genève

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FOCUS - Une Modigliani estimé à plusieurs millions d'euros, dont le véritable propriétaire pourrait apparaître dans les listings du scandale "Panama Papers", vient d'être saisi au Ports Francs de Genève. Zoom sur cette vaste zone d'entrepôts ultrasécurisés, qui cachent la plus importante concentration d'œuvres d'art au monde.

A quelques kilomètres des prestigieuses banques suisses et des moquettes épaisses des palaces genevois, une vaste zone de stockage est devenue depuis plusieurs années le lieu incontournable des marchands d'art. Récemment au cœur de deux enquêtes, les Ports Francs genevois refont parler d'eux depuis l'éclatement du scandale "Panama Papers" et l'identification présumée du véritable détenteur d'un Modigliani stocké dans les entrepôts des Ports Francs.

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Créée à la fin du 19e siècle, la société des Ports Francs et Entrepôts de Genève (PFEG), détenue en majorité par le canton de Genève, stockait à l'origine des denrées, à commencer par les céréales, ainsi que des marchandises. Cent ans plus tard, cette vaste zone ultrasécurisée renferme sans doute la plus importante quantité d'œuvres d'art, signées des plus grands artistes au monde.

Plusieurs dizaines de milliards d'euros de marchandises

Il faut dire que les conditions de stockage y sont plus qu'attractives avec un régime hors douane qui exempte en partie les marchandises de taxes. Conséquence, les œuvres d'art les plus prestigieuses sont venues garnir les chambres fortes où se côtoient pierres précieuses et vins de prestige. En 2015, le secteur de l'art représentait près de 30% de l'activité globale des PFEG. Difficile de connaître la valeur de la marchandise entreposée dans ces entrepôts, mais il se chiffrerait en dizaines de milliards d'euros.

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L'activité du stockage d'œuvres d'art a notamment progressé ces dernières années en même temps que les règles du secteur financier se durcissaient après la crise des subprimes. Peu contrôlé, le secteur de l'art a ainsi offert un refuge pour les placements financiers des plus riches, dont l'origine n'était pas toujours incontestable. Ainsi les autorités, notamment suisses, à travers le Contrôle fédéral des finances (CDF), se sont inquiétées de l'évolution d'un secteur propice au blanchiment d'argent et à l'évasion fiscale.

Un nécessaire renforcement des contrôles

A ce titre, les Ports Francs ont été le théâtre de deux affaires récentes, dont le scandale politico-financier espagnol "Punica", dans lequel des œuvres d'art, possiblement entreposées dans les Ports Francs genevois, pourraient avoir servi à blanchir de l'argent. Depuis, la direction des Ports Francs a annoncé des mesures pour renforcer le contrôle des œuvres et des déposants. Ce qui n'a pas empêché que le bunker genevois se retrouve dans l'actualité des "Panama Papers"...

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