"Panama Papers" : piraté, Mossack Fonseca va porter plainte

International

FUITES - Après les premières révélations sur le scandale d'évasion fiscale "Panama Papers", le point sur ce que l'on sait de cette enquête gigantesque.

 Mossack Fonseca contre-attaque
Le cabinet d'avocats panaméen, au cœur du scandale des "Panama papers", a affirmé mardi 5 avril avoir été victime d'un piratage informatique opéré depuis des serveurs étrangers et avoir porté plainte à ce sujet. "Personne ne parle du piratage alors que c'est le seul crime qui a été commis", s'est étranglé le patron du cabinet Ramon Fonseca Mora, qui a également pointé du doigt le ciblage de ses clients les plus célèbres, prétextant une atteinte à la vie privée.

  Le Premier ministre islandais démissionne
Le scandale des "Panama Papers" fait tomber le Premier ministre islandais. Sigmundur David Gunnlaugsson, mis en cause dans la vaste affaire d'évasion fiscale révélée ce week-end par le groupement de journalistes Icij,"a informé le groupe parlementaire du (Parti du progrès) qu'il allait démissionner de ses fonctions de Premier ministre", a déclaré en direct mardi à la télévision le vice-président du parti et ministre de l'Agriculture. Une importante manifestation réclamant le départ du Premier ministre avait eu lieu ce lundi.

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 La France remet le Panama sur la liste des paradis fiscaux
Mardi 5 avril, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé la réinscription du Panama sur la liste des paradis fiscaux établie par la France sur la base des Etats qui refusent l’échange d’informations fiscales avec les services français. Le pays d'Amérique centrale n'y figurait plus depuis 2012 mais avait été placé sous surveillance fin décembre. En "représailles", les autorités locales ont annoncé envisager des sanctions commerciales contre la France.

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 Les noms révélés et de nouveaux à venir
Sportifs, hommes politiques, milliardaires... Les noms de personnalités dévoilés dimanche 3 avril donnent le vertige.

Dans le monde ⇒ on dénombre 12 chefs d'Etats dont 6 sont encore en activité, et 29 des 500 personnes les plus riches du monde. Parmi les "stars" citées, plusieurs chefs d'Etat : l'Ukrainien Poroshenko, l'Islandais Gunnkaugsson ou l'Argentin Macri ou le roi saoudien Salmane. Notons également la présence de Lionel Messi (qui a nié), du pilote de F1 Nico Rosberg, de proches de Vladimir Poutine (qui a dénoncé un coup de la CIA), du père de David Cameron et du cinéaste Pedro Almodovar.

En France il y aurait 1000 personnalités concernées. Pour l'instant, on compte l'ex-président de l'UEFA, Michel Platini (qui a démenti en assurant que ses affaires étaient "tout à fait légales"), l'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, le maire de Levallois, Patrick Balkany et l'homme d'affaires Patrick Drahi. Le FN est également impliqué via l'un de ses prestataires Frédéric Riwa, l'ex conseiller économique Nicolas Crochet et... Jean-Marie Le Pen.

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 "Panama papers", mode d'emploi
Cette enquête sur les paradis fiscaux et les sociétés offshore est centrée sur Mossack Fonseca, un cabinet d'avocats basé au Panama. Son rôle : accueillir des sociétés qui, bien souvent, ne génèrent pas d'argent et sont domiciliées dans des paradis fiscaux. Le cabinet se charge de cacher l'identité de leur propriétaire qui s'en servira pour dissimuler de l'argent dans un paradis fiscal, soit pour payer moins d'impôts, soit pour blanchir de l'argent sale.

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Au total, plus de 11 millions de données confidentielles et de fichiers issus de ses archives ont été décortiqués pendant neuf mois par plus de 380 journalistes de 107 rédactions de 76 pays, dont  Le Monde  et "Cash Investigation". Les documents ont d'abord été transmis aux Allemands du Süddeutzche Zeitung, qui les a partagés au Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

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