En grande difficulté dans les sondages, Donald Trump contraint de changer de ton sur le Covid-19

En grande difficulté dans les sondages, Donald Trump contraint de changer de ton sur le Covid-19
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CONTRAINTE - En difficulté dans les sondages et très critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire, Donald Trump a diamétralement changé de ton pour une de ses premières conférences de presse sur le Covid-19 depuis la fin avril. Il a notamment appelé les Américains à porter un masque.

Un changement de ton des plus étonnants. Alors que Donald Trump n'avait plus donné de conférence de presse à propos de l'épidémie de Covid-19 depuis le 27 avril dernier, le président américain a tenté de reprendre la main mardi en reconnaissant la gravité de la crise sanitaire. Alors qu'il minimisait grandement la flambée de cas de coronavirus dans les états du Sud, souvent gouvernés par des républicains, Donald Trump a reconnu que "cela va sûrement, malheureusement, empirer avant de s'améliorer" même s'il "n'aime pas dire ça", conscient que les sondages pour la présidentielle de novembre sont très mauvais pour lui.

"Ces dernières semaines, nous avons observé une hausse inquiétante des cas dans de nombreuses régions de notre Sud", a-t-il ajouté, évoquant de "gros incendies" et même une "situation très difficile" en Floride, un Etat gouverné par son proche allié Ron DeSantis où il a prévu de tenir dans un mois la convention républicaine qui devrait lancer la dernière droite d'une campagne qui n'a jamais vraiment démarré.

Un retournement après des semaines de déni

Après une légère amélioration en plein cœur du printemps, l'épidémie a repris de plus belle dans le pays, déjà le plus endeuillé au monde avec 141.800 morts. Le nombre de cas explose -- plus de 60.000 par jour depuis huit jours, pour un total de 3,88 millions depuis le début de la pandémie -- et les décès quotidiens sont aussi repartis à la hausse -- plus de 700 par jour en moyenne. La situation est particulièrement inquiétante dans des Etats du Sud comme la Californie, la Floride ou le Texas, souvent contraints d'imposer déconfinement.

Jusqu'ici, Donald Trump avait tenté coûte que coûte de tourner la page du Covid-19 et ça dès la fin du mois d'avril. Pressé de relancer l'économie ainsi que sa campagne pour la présidentielle du 3 novembre, il avait été accusé d'être dans le déni face à la flambée du coronavirus. Mais après un meeting raté à Tulsa, dans l'Oklahoma, en juin, devant un auditoire clairsemé, la progression de l'épidémie ne lui a pas permis de continuer avec les grandes réunions publiques qu'il affectionne.

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Si Donald Trump a vanté sa gestion du virus, maintenu qu'il allait finir par "disparaître", et salué avec enthousiasme les avancées vers un vaccin, il a aussi pour la première fois clairement recommandé le port du masque.

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"Nous demandons à tout le monde de porter un masque quand la distanciation physique n'est pas possible", a-t-il lancé, tout en sortant de sa poche son propre masque, qu'il n'a pourtant porté en public qu'une fois, le 11 juillet, soit plusieurs mois après le début de la pandémie. "Que vous aimiez les masques ou pas, ils ont un impact", a-t-il plaidé, alors qu'il est accusé d'avoir lui-même attisé les braises de la résistance anti-masque en défendant jusqu'ici la "liberté" individuelle en la matière. Il est même allé jusqu'à "implorer" les jeunes d'"éviter les bars bondés", un ton alarmiste abandonné depuis plusieurs semaines.

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Autre changement majeur pour le milliardaire, il a maîtrisé la durée de sa conférence de presse, qui a duré moins d'une demi-heure, contrairement à ses conférences de presse interminables du printemps. Également, il ne l'a pas transformée en meeting de campagne ou en diatribe anti-Biden, comme il l'avait fait mi-juillet lors d'une intervention officiellement consacrée à la Chine. Une conférence très critiquée par l'opposition démocrate et la presse.

  

Donald Trump a terminé en promettant de tenir de telles conférences de presse "assez souvent", et d'aborder aussi "d'autres sujets, notamment économiques".

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