Comment l'Islande a limité l'impact du Covid-19

Katrin Jakobsdottir, la Première ministre islandaise

DÉPISTAGE - Avec 10 % de la population testée et huit morts du Covid-19 à déplorer, l’Islande fait office de modèle concernant la stratégie de dépistage à adopter, relève une étude.

La stratégie de dépistage du gouvernement islandais est un cas d’école. C'est le satisfecit que délivre une étude publiée mardi 14 avril dans la revue américaine New England Journal of Medicine. Ces chercheurs d’universités islandaises et de la société deCODE Genetics (filiale du géant américain Amgen) dévoilent ainsi l’importance du programme lancé par l'île nordique dès le 31 janvier, alors que la pandémie actuelle était réduite à un mystérieux virus se propageant en Chine. 

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Aujourd’hui, 10 % des 364 000 d’Islandais ont déjà été testés, soit plus de 36 000 tests réalisés, un chiffre qui place l’Islande à la tête des pays ayant le plus dépisté sa population, en proportion de son nombre d’habitants. L’île a ainsi testé dix fois plus que la Corée du Sud, qui avait pourtant développé elle aussi une stratégie fondée sur le dépistage massif.

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Une campagne ciblée, une autre au hasard

Dans le détail, deux campagnes de tests ont été réalisées auprès des habitants, l’une conduite par les autorités, l’autre par la société deCODE Genetics. La première a consisté à dépister dès la fin janvier toute personne présentant des symptômes ou ayant été en contact avec un malade, ainsi que tout voyageur revenant de zones à risques, à l’époque la Chine, les Alpes autrichiennes, italiennes et suisses. 13,3 % des 9 000 personnes dépistées se sont révélées positives au Covid-19, selon le bilan fin mars. 

La seconde, lancée le 13 mars, a quant à elle ciblé au hasard des personnes volontaires, qu’elles présentent des symptômes ou non, qu’elles soient confinées ou non. Quelques jours plus tard, 14 000 Islandais avaient déjà répondu favorablement à cet appel à un dépistage massif. Concrètement, les volontaires se sont faits interroger par des infirmiers équipés de masques, lunettes et gants, sur leurs récents déplacements à l'étranger ou leurs contacts avec des personnes infectées, avant de se faire prélever des échantillons de cellules dans le nez puis dans la gorge à l'aide d'un coton-tige. Ici, entre 0,6 et 0,8 % des cas ont été diagnostiqués positifs.

Toute personne détectée positive au Covid-19 a eu ensuite pour consigne de s'isoler pendant dix jours une fois la fièvre passée, ou bien jusqu'à ce qu'un nouveau test se révèle négatif, et tous ceux ayant été en contact avec une personne infectée ont également été contraints de se confiner durant deux semaines. 

Huit morts, les écoles restées ouvertes

En attendant, la politique du gouvernement islandais semble porter ses fruits : si 1 720 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid-19, ce qui est proportionnellement élevé par rapport à d’autres pays ne testant que les patients hospitalisés, le nombre de décès, lui, est faible, dix fois plus qu’en France. Ainsi, depuis le début de l’épidémie, huit personnes sont mortes du coronavirus en Islande. 

Une gestion de la situation sanitaire qui semble sous contrôle, à tel point que les crèches et écoles sont restées ouvertes tout du long et que les lycées, universités, musées et salons de coiffure, fermés le 16 mars, doivent rouvrir le 4 mai prochain. Le pic épidémique a été franchi, considèrent à ce jour les autorités.

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Comprendre l'ampleur de la propagation

Si la politique islandaise a un objectif sanitaire, elle a également pour but d’obtenir des données plus précises sur le virus et de comprendre à quelle ampleur il se propage. "Ce que nous voulons faire également, c'est prélever les échantillons où nous trouvons le virus afin de le séquencer pour déterminer à quelle fréquence il mute et quelle partie du génome du virus mute. Cela permet de retracer les infections", détaillait le PDG de la société deCODE Genetics, mi-mars. 

Selon les analyses du génome de 600 échantillons, le Covid-19 aurait été apporté sur le sol islandais par des voyageurs revenus d’Italie et d’Autriche. De plus, il apparaît que 43 % des personnes testées positives ne présentaient aucun symptôme, semblant confirmer le fait que les porteurs sains sont très nombreux parmi les malades.

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