Parlement européen : la droite suspend le Fidesz, le parti du populiste hongrois Viktor Orban

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EUROPE - Le Parti populaire européen, où se rassemblent la plupart des partis conservateurs de l'Union européenne, a décidé mercredi 20 mars de suspendre le parti de Viktor Orban de ses rangs. En cause : ses dérapages contre Bruxelles ou l'immigration.

La polémique de trop pour la droite européenne. Quelques jours après un énième dérapage contre Bruxelles, le Parti populaire européen (PPE) a décidé mercredi 20 mars de suspendre le parti du dirigeant populiste de droite hongrois Viktor Orban de ses rangs pour une durée indéterminée.


Le PPE, qui réunit la plupart des formations de droite et du centre-droit de l'UE, comme la CDU de la chancelière allemande Angela Merkel ou Les Républicains en France, a pris cette décision à une écrasante majorité (190 pour, 3 contre), lors d'une assemblée politique du parti à Bruxelles. Concrètement, cette suspension signifie que le Fidesz n'aura - jusqu'à nouvel ordre - plus le droit de participer aux réunions du PPE, sera privé de ses droits de vote et ne pourra pas présenter de candidats à des postes, a précisé le président du PPE, le Français Joseph Daul, dans un tweet. Aucune durée de suspension n'est mentionnée dans le compromis. Selon l'eurodéputé français Franck Proust qui participait au vote, "une décision sera prise à la remise du rapport des experts, à l'automne". Ce comité indépendant d'évaluation doit notamment être présidé par Herman Van Rompuy, ancien Premier ministre belge et ancien président du Conseil européen. 

Des affiches critiquées

Ce choix n'est guère une surprise. Dans un entretien plus tôt dans la journée à la radio allemande Deutschlandfunk, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait réclamé une fois de plus une exclusion, affirmant que "depuis des années", le Fidesz "s'éloigne des valeurs démocrates-chrétiennes". "Sa place est hors du PPE", avait tranché Jean-Claude Juncker.


Pourquoi une suspension et non une exclusion ? Car certains européens craignaient qu'exclure l'enfant terrible du PPE n'ouvrirait la voie à une scission entre l'Est et l'Ouest du continent. Ils s'inquiétaient également de le voir se jeter dans les bras du vice-Premier ministre italien et ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, le chef de la Ligue, parti d'extrême droite. 


Cela fait des mois que la droite conservatrice se divise sur le cas Orban. Mais, en lançant une campagne d'affichage le 19 février contre Jean-Claude Juncker, le Premier ministre national-conservateur hongrois a dépassé les bornes pour ses détracteurs. Sous le slogan : "Vous avez aussi le droit de savoir ce que Bruxelles prépare", ces affiches montraient Juncker, ricanant aux côtés du milliardaire américain juif d'origine hongroise, George Soros, et l'accusaient de soutenir l'immigration sur le Vieux continent. Furieux, treize partis membres du PPE originaires de dix pays différents, réunis autour d'un noyau dur constitué par les pays du Benelux et de la Scandinavie, avaient réclamé début mars "l'exclusion ou la suspension" du Fidesz. Depuis, Viktor Orban, 55 ans,  a fait retirer les affiches controversées. Il a présenté ses excuses au PPE, même si elles ont été jugées insuffisantes.

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