Partir ou rester après le Brexit : les Français de Londres de plus en plus partagés

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DILEMME - Pour les Français vivant au Royaume-Uni, en particulier à Londres, la signature officielle du Brexit pose de nombreuses questions. Perception différente de la part des Anglais, droits en suspens... : de plus en plus s’interrogent quant à un éventuel départ. TF1 est allé à leur rencontre.

Ils sont plus de 300.000 au Royaume-Uni. Près de 225.000 à Londres. Les Français expatriés outre-manche commencent à se poser des questions en raison du Brexit. Inquiétude ? Optimisme ? Besoin de changer d’air ? Les états d’esprit diffèrent dans la capitale anglaise.


Dans le club du London French Rugby, trois quarts des joueurs sont Français. Parmi eux, beaucoup travaillent dans la finance, et ils ne s’inquiètent pas outre-mesure du Brexit. "On est plutôt sereins. Je ne pense pas qu'ils prendront le risque de faire sortir les Européens qui sont déjà en Angleterre", avance l’un des joueurs français.

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Brexit : et maintenant ?

On sent qu’il y a un racisme qui s’est installé.Une expatriée française

"Pour l’instant, c'est un peu difficile d'y voir clair", admet néanmoins un autre, avant de continuer : "On a un peu moins de joueurs qui sont venus cette année. Moins de jeunes parce que les étudiants ont moins envie de venir en Angleterre à cause du Brexit". Quelques effets, certes, même si on se veut rassurant : "A court terme, il n'y aura pas de changement".

Une pointe de xénophobie ?

Dans la capitale, d’autres sont beaucoup moins optimistes. L’avenir pourrait s’annoncer plus gris, et certains ont même décelé qu’une part de xénophobie s’était libérée. "On sent qu'on est moins les bienvenus. On sent qu’il y a un racisme qui s’est installé, pas forcément envers les Français, mais envers les non-anglais. On envisage de partir, pour plusieurs raisons, pas que à cause du Brexit", admet Gaëlle, mère de famille.

Changer de nationalité ?

Ceux qui ne veulent pas du tout partir ont, quant à eux, commencé à prendre leurs précautions administratives. Afin d’obtenir une carte de résident, il faut prouver que l’on vit dans la capitale depuis cinq ans. Et ce n’est pas toujours simple.Du coup, certains songent même à prendre la nationalité anglaise, malgré son coût d’environ 1.500 euros.

 

"Je l'envisageais par envie avant le Brexit ; maintenant j'y songe par nécessité", reconnaît un expatrié. "Si j'ai le couteau sous la gorge et que je dois le faire pour rester et voir ma famille (je le ferai)", convient un autre. "Si on me dit de remplir 85 pages pour avoir le permis de résidence ou la nationalité - que je ne veux pas - à ce moment-là, je partirai", justifie une dernière.

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"Should I stay or should I go", telle est donc la question actuellement pour de nombreux Français vivant de l’autre côté de la Manche. Ils attendent surtout des réponses quant aux futurs droits des Européens au Royaume-Uni.

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