VIDÉO - Murs anti-migrants : ces pays d'Europe qui se barricadent

VIDÉO - Murs anti-migrants : ces pays d'Europe qui se barricadent

RÉPRESSION – Au sein de l’Union européenne, plusieurs pays renforcent leurs frontières pour se décharger de l’accueil des migrants qui tentent d'y entrer illégalement. Des mesures qui se multiplient, sans démontrer leur efficacité.

Si l’Union européenne se targue d’être un espace de libre circulation, les lieux de contrôle et les murs érigés à ses frontières se sont largement développés ces dernières années afin de lutter contre l’immigration illégale. 

Au point que certains pays européens réclament une subvention de Bruxelles pour financer la construction de "murs de protection". Retour sur la gestion de ces différents points de tensions, qui sont également vecteurs de divisions entre les différents pays de l’Union.

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Les deux villes espagnoles de Ceuta et Mellila, situées sur le continent africain, représentent les deux seuls points de jonction terrestres entre le Maroc et l’Espagne. La frontière entre les deux pays est cependant extrêmement marquée. De longs murs de barbelés tranchants entourent ainsi ces deux territoires qui donnent sur la mer.

Des forces auxiliaires marocaines sont également positionnées le long des murs et depuis 1992, des accords signés par Rabat et Madrid permettent d’expulser les Marocains entrés illégalement sans aucune procédure ni délai, sauf dans le cas des mineurs. 

En mai dernier, entre 8000 et 9000 Marocains et quelques dizaines de migrants subsahariens ont profité de la passivité des contrôles côté marocain, sur fond de crise diplomatique entre Rabat et Madrid, pour entrer illégalement à Ceuta. Ils ont été immédiatement expulsés par les autorités espagnoles.

Des murs aux frontières turques

En 2016, un accord migratoire a été conclu entre la Turquie et l’Union européenne afin que le pays prenne "toutes les mesures nécessaires" pour éviter que des migrants arrivent illégalement sur le territoire européen au départ de son espace. La Turquie était alors le principal point d’entrée terrestre des migrants en Europe. 

Cependant, cela n’a pas empêché les pays qui ont une frontière commune avec la Turquie d'ériger leurs propres murs. La Bulgarie a ainsi dressé près de 176 kilomètres de clôtures barbelées le long de sa frontière avec la Turquie. Dernièrement, la Grèce a également ajouté 40 kilomètres de murs. "Notre objectif, c'est d’éviter que des migrants rentrent illégalement en Grèce. Pour ce faire, nous avons désormais un équipement flambant neuf", justifie un garde-frontière, dans la vidéo en tête de cet article.

Douze pays demandent à Bruxelles le financement de barrières anti-migrants

Depuis quelques jours, la Pologne a installé des barbelés et accuse le Belarus, de l’autre côté de la frontière, de lui envoyer des migrants venus d’Afghanistan. C'est l'un des douze États de l'Union européenne à avoir demandé à Bruxelles de financer la construction de barrières à leurs frontières pour empêcher les arrivées de migrants. 

Les ministres des douze pays jugent qu'"une barrière physique apparaît comme une mesure de protection des frontières efficace, qui sert les intérêts de l'ensemble de l'UE, pas seulement les États membres en première ligne". Cette demande a provoqué des tensions avec les autres pays de l'Union, qui ont répondu que les constructions de murs étaient une manifestation de la "désunion européenne où chaque pays va essayer de reporter la question sur son voisin en espérant se préserver lui-même avec la construction de ces murs et de ces barrières".

Parmi les douze pays, il y également Chypre, l'Autriche, la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, l'Estonie, la Grèce, la Lituanie, la Lettonie, la Slovaquie ou encore la Hongrie, qui a construit dès 2015 un mur de barbelés de quatre mètres de haut sur 175 kilomètres de frontières.

Des patrouilles terrestres et maritimes

En plus de ces obstacles sur la route des migrants, certains états financent également des patrouilles terrestres. En Croatie par exemple, des images ont été diffusées et montrent des policiers s’en prendre violemment aux migrants qui ont franchi la frontière. 

Cependant, pour Damien Simonneau, spécialiste des flux migratoires, ce déploiement de moyens serait surtout un choix politique plutôt qu’un outil effectif. "Les États de l’Union européenne renforcent leurs frontières depuis maintenant 20 ans, avec beaucoup de millions d’euros. Ce n’est pas pour ça que le nombre de migrants non autorisés et de demandeurs d’asile diminue", observe-t-il.

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"Un mur, ça vise avant tout à faire du spectacle politique pour les dirigeants, notamment pour la Pologne, pour la Hongrie, pour la Grèce aussi. C’est un moyen de montrer qu’ils font quelque chose sur la migration", analyse Damien Simonneau. Si ce déploiement de moyens n’est donc pas toujours effectif, il peut également être meurtrier. Selon un décompte du Guardian publié en mai dernier, 2000 personnes sont mortes aux portes de l'Europe, rien que sur l'année 2020.

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