Pas de Brexit sans feu vert du Parlement britannique : une grosse épine dans le pied de Theresa May

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GRANDE-BRETAGNE – La justice britannique vient de décider que la procédure de déclenchement du Brexit devra être validée par le Parlement. Un camouflet pour le gouvernement qui pourrait voir le Brexit reporté, voire bloqué.

Les anti-Brexit jubilent.  La Haute Cour de justice de Londres a en effet décidé ce jeudi que le Parlement britannique devra voter sur le déclenchement de la procédure de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Les requérants, des partisans du maintien dans l’UE aux profils très variés, faisaient valoir que ne pas consulter les députés et les Lords constituerait une violation des droits garantis par l'Acte des communautés européennes (1972), un texte auquel le pays est toujours soumis.  


Si un appel du gouvernement sera examiné entre les 5 et 8 décembre, cette décision, qui provoque un affrontement sans précédent entre la justice et le Theresa May, pourrait être lourde de conséquences. Elle représente en tout cas un nouvel obstacle dans l’application déjà complexe du résultat du référendum du 23 juin. 

Le gouvernement craint de perdre la main sur le calendrier

L’inquiétude est de mise au 10, Downing Street. Et de fait : dans le cas où l’appel du gouvernement serait rejeté, la procédure du Brexit pourrait prendre un retard considérable. Des débats sur la question sont en effet susceptibles de s'étaler pendant de longs mois, d’autant plus qu’une majorité de députés avait défendu un maintien dans l’UE. Theresa May craint que les membres du Parlement ne veuillent fixer eux-mêmes le calendrier du Brexit et repousser, voire bloquer le projet de sortie.


Voilà pourquoi la Première ministre n’a pas traîné pour réagir. "Le gouvernement est déçu du jugement de la Cour. Le pays a voté pour quitter l'Union européenne lors d'un référendum approuvé par le Parlement et le gouvernement est déterminé à respecter le résultat du référendum ", a immédiatement indiqué l’un de ses porte-paroles. Objectifs : tenter de garder la main et ne pas laisser le moindre doute s’installer.

Le risque d’une fracture entre pro- et anti-Brexit

Car, bien que les observateurs ne s'attendent pas à ce que les députés aillent à l'encontre du choix exprimé par le peuple, la décision de la justice pourrait surtout renforcer la fracture parfois marquée entre les pro- et les anti-UE. Craignant qu'"une trahison soit proche", Nigel Farage, leader historique du parti europhobe Ukip et fervent partisan du Brexit, a ainsi estimé que tout retard ou blocage pourrait occasionner l'ire de ses supporteurs. 

Ils ne se rendent pas compte du niveau de colère populaire qu'ils vont provoquerNigel Farage, leader historique du parti pro-Brexit Ukip

"J'ai peur maintenant que tout soit tenté pour bloquer ou retarder l'activation de l'article 50. Si c'est le cas, ils ne se rendent pas compte du niveau de colère populaire qu'ils vont provoquer", a-t-il souligné. Comme les 52% des Britanniques qui ont voté pour la sortie de l'UE, Nigel Farage espère ne pas voir trop longtemps les anti-Brexit jubiler. 

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