Pédophilie dans l'Eglise catholique : coup d'envoi d'un sommet de crise inédit au Vatican

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HISTORIQUE - Le pape François donne ce jeudi le coup d'envoi à quatre jours de débats et de prières, durant lesquels des évêques de 114 pays vont notamment dialoguer avec des victimes d'abus sexuels commis par des prêtres. Objectif ? Placer la hiérarchie épiscopale de la planète devant ses responsabilités.

L'événement se veut une prise de conscience collective du phénomène mondial des viols sur mineurs dans les rangs de l'Eglise. Le pape François donne ce jeudi le coup d'envoi à quatre jours de débats et de prières, durant lesquels la hiérarchie épiscopale de la planète sera placée devant ses responsabilités face aux scandales d'agressions sexuelles de mineurs. 


Objectif : que l'Eglise "laisse son empreinte" dans le combat contre le "fléau" des abus, a déclaré mercredi Andrea Tornielli, un des principaux responsables de la communication du Vatican. Les quatre jours qui composeront ce sommet - de jeudi à dimanche - "permettront aux responsables ecclésiaux de se pencher sur la responsabilité des évêques, leur devoir de rendre compte et leur engagement à la transparence", a-t-il affirmé, sur le site officiel du Vatican.

Seront ainsi présents les présidents d'une centaine de conférences épiscopales de tous les continents mais aussi de hauts prélats du Vatican, des chefs des Eglises catholiques orientales et des responsables de congrégations religieuses. Avant de prendre le chemin de Rome, le pape François leur a demandé de rencontrer dans leurs pays respectifs des victimes d'abus sexuels dont certaines ont également été invitées au Vatican. "Je vous invite à prier pour ce rendez-vous, que j'ai voulu comme un acte de forte responsabilité pastorale devant un défi urgent de notre époque", a déclaré dimanche le pape François, devant la foule des fidèles rassemblés place Saint-Pierre pour la prière de l'angelus.

Des attentes "surdimensionnées"

Luis Badilla, un vaticaniste chilien animant un blog après une carrière à Radio Vatican, parle d'un "moment décisif pour le pontificat". Née de retentissants scandales de pédophilie au Chili et aux Etats-Unis, la rencontre voulue par le pape sur "la protection des mineurs" affiche un intitulé édulcoré, note cet expert. "Une façon de manipuler la gravité du problème", selon lui, dans le contexte d'une assemblée de 5000 évêques programmés depuis des décennies à protéger l'image de l'Eglise. Or "pour dépasser la crise, l'unique sortie c'est de raconter toute la vérité". Le pape a défroqué à point nommé samedi l'ex-cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, accusé d'abus sexuels sur au moins un adolescent il y a près d'un demi-siècle. Une première dans l'histoire de l'Eglise catholique.

Le problème des abus continueraLe pape François

Mais conscient des attentes "surdimensionnées" suscitées par sa courte réunion, le pape a souligné récemment que "le problème des abus continuera". "En résolvant le problème dans l'Eglise par une prise de conscience, nous contribuerons à le résoudre dans la société, dans les familles, où la honte fait que l'on couvre tout", a-t-il ajouté. La réunion élaborera "des protocoles" car "parfois les évêques ne savent pas quoi faire", a stipulé François. Reste que l'Eglise catholique, l'institution la plus montrée du doigt, est l'une des rares à s'auto-flageller en commandant des enquêtes pour sortir de la crise.

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