"Three billboards, les panneaux de la vengeance" : le film qui inspire les activistes de tout poil

"Three billboards, les panneaux de la vengeance" : le film qui inspire les activistes de tout poil

DÉNONCIATION - Trois panneaux rouges, une écriture noire, un slogan efficace... Militants et activistes divers ont adopté la méthode popularisée par le long métrage américain "Three billboards, les panneaux de la vengeance", en lice pour l'Oscar du meilleur film.

La recette est simple et de nombreux activistes l'ont compris dans le monde entier. Pour faire connaître leur cause, ils ont repris la méthode du film "Three billboards : les panneaux de la vengeance", qui consiste à alerter l'opinion publique en affichant leur mécontentement sur 3 énormes panneaux rouges, visibles de tous. 


Dans le film de Martin McDonagh, une mère de famille décide de mettre en cause publiquement le chef de la police locale, alors que l'enquête sur le meurtre de sa fille piétine. Après avoir connu le succès en salle, le long-métrage est l'un des grands favoris des Oscars 2018, qui ont lieu dans la nuit de dimanche à lundi.


Quelques jours avant la cérémonie, le street artist Sabo a utilisé cette méthode pour dénoncer la pédophilie dans le milieu du divertissement. Sur ces 3 panneaux, dont les photos ont été partagés plusieurs milliers de fois, on peut lire "On était tous au courant, mais il n'y a pas eu d'arrestation", "Et l'Oscar du pire pédophile est attribué à...", "Donnez des noms sur scène ou fermez vos gueules".

Pendant les semaines qui précèdent la cérémonie des Oscars, de nombreux autres panneaux ont fleuri, notamment aux États-Unis. Alors que la bataille de Ghouta fait rage en Syrie, l'ONG Crisis Action a déployé trois panneaux à LED sur des camions en bas du siège des Nations unies, à New York, pour dénoncer l'inertie de la communauté internationale.

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VIDÉO - Syrie : la Ghouta toujours sous les bombes malgré la trêve

Autre ville, autre coup de gueule. À Miami, en Floride, quelques jours après que 17 lycéens ont perdu la vie dans une fusillade, trois panneaux rouges réclament un contrôle plus accru sur les armes à feu, et mettent en cause Marco Rubio, le sénateur républicain de la Floride.

Ce mode de protestation a traversé l'Atlantique. En Écosse, le personnel de l'université d'Édimbourg, armé de trois panneaux rouges à la taille plus modeste, a manifesté contre la baisse de ses pensions de retraite. 

À Londres, une association de victimes de l'incendie de la Tour Grenfell, qui a tué 71 personnes en juin 2017, ont protesté contre l'absence de suites judiciaires : "71 morts", "Et toujours pas d'arrestation?", "Pourquoi donc?", peut-on lire sur les trois panneaux placés en bas de la tour.

À Malte, quatre mois après l'assassinat de la journaliste d'investigation Daphne Caruana Galizia, un groupe qui se fait appeler "Occupy Justice Malta" et composé de "personnes non-partisanes menées par des femmes", a fait afficher trois panneaux pour dénoncer les autorités maltaises. Ces dernières ont d'ailleurs fait retirer les panneaux 12 heures après leur pose. 

Plus récemment, les trois panneaux rouges ont fait leur apparition en Italie, à l'occasion des élections générales qui ont eu lieu  dimanche. À Naples, des activistes s'en sont pris au leader du parti d'extrême droite La Ligue du Nord, Matteo Salvini. "J'ai dit que vous puez. Maintenant je veux votre vote. Pourquoi pas, habitants du sud ?", peut-on lire sur ces panneaux.

En France, aucun panneau rouge à l'horizon jusqu'ici. Reste à voir si le film "Three Billboards : les panneaux de la vengeance" bénéficiera d'un sursaut de popularité à l'issue des Oscars.

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