Peine de mort dès 7 ans pour les enfants : faut-il boycotter les Maldives ?

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CHARIA – Au nom de la loi islamique, les Maldives ont décidé de rétablir, fin avril, la peine de mort pour les enfants. Dans certains cas, elle pourra être appliquée dès l'âge de sept ans. Le fondateur de "Nouvelles frontières" appelle les touristes à boycotter cette destination très prisée des touristes.

Des plages à couper le souffle, des paysages paradisiaques... Aux Maldives, écrit le Guide du Routard , "tout n'est que rêve et volupté". Mais derrière ce décor idyllique se cache une triste réalité. Depuis le 27 avril, en effet, le gouvernement du pays a rétabli la peine de mort pour les enfants, après un moratoire de 60 ans sur la peine capitale. Désormais, les mineurs pourront donc être condamnés à mort, au nom du respect de la charia. Dans la République des Maldives, l'Islam est en effet religion d'Etat, la seule qui soit autorisée aux 400.000 habitants de l'archipel.

L'âge de responsabilité criminelle est désormais fixé à 10 ans. Mais pour certains crimes comme le vol, les relations sexuelles, la consommation d'alcool ou l'apostasie (le fait de renier publiquement sa foi à l'islam), il est abaissé à 7 ans. La condamnation n'interviendra pas immédiatement : l'enfant serai exécuté dès sa majorité. En attendant son exécution (par injection létale), il attendra donc dans le couloir de la mort. Mercredi, les autorités du pays ont annoncé qu'un adolescent de 16 ans avait été inculpé pour meurtre, faisant de lui le premier mineur susceptible d'être condamné à mort depuis le rétablissement de la peine capitale.

80% du PIB dépend du tourisme

Parmi les nombreuses réactions indignées, certains appellent désormais les touristes à boycotter cette destination de vacances. Le fondateur de la compagnie de voyage "Nouvelles frontières", Jacques Maillot, a ainsi lancé un appel "aux voyagistes et aux compagnies aériennes pour une action immédiate", mardi sur RMC. Selon lui, "il y a moyen de peser, d'asphyxier le pays et d'arriver à renverser ce pouvoir". En effet, le tourisme représente plus de 80% du PIB de l'archipel.

Dans une tribune publiée sur le Nouvel Observateur , l'historien engagé Giuseppe Di Bella estime qu'en "l'état actuel des choses, les Maldives sont une destination touristique à fuir absolument". "Je me vois très mal me prélasser sur les plages de ce paradis tropical de carton-pâte, sans me soucier du sort funeste qui pourrait être réservé à ses habitants, mineurs et enfants compris". Et d'ajouter qu'il "ne fait aucun doute que les autorités des Maldives pourraient revoir leur position si elles constataient une baisse significative de la fréquentation touristique".

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