Peine de mort : l'Arabie Saoudite embauche... des bourreaux

Peine de mort : l'Arabie Saoudite embauche... des bourreaux

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EXECUTION - Le gouvernement saoudien a publié mardi une offre d'emploi pour le recrutement de huit bourreaux. Objectif : exécuter, par décapitation, le grand nombre de condamnés à mort dans le royaume.

"Gouvernement recherche bourreaux." C’est, en substance, la petite annonce diffusée ce mardi par le ministère du Service public saoudien. Celui-ci recherche en en effet huit bourreaux pour exécuter, par décapitation, les condamnés à mort dans le royaume. Preuve s’il en fallait de la recrudescence des peines capitales infligées ces derniers mois en Arabie Saoudite.

Aucune qualification particulière ni expérience ne sont requises pour ces emplois de bourreaux, qui seront aussi appelés à pratiquer "des amputations" sur des personnes condamnées pour vol. Selon l’annonce mise en ligne, les "heureux" élus commenceront au plus bas de l’échelle des salaires des fonctionnaires religieux.

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Version rigoriste de la charia

L'annonce de ce recrutement coïncide avec une augmentation du nombre des exécutions dans le royaume, où viol, meurtre, apostasie, vol à main armée et trafic de drogue sont passibles de la peine capitale en vertu d'une version rigoriste de la charia. Si la moitié des condamnés sont des sujets du royaume, les autres viennent du Pakistan, du Yémen, de Syrie, de Jordanie, d’Inde, d’Indonésie. Mais aussi de Birmanie, du Tchad, d’Erythrée, des Philippines et du Soudan.

Au total, 84 personnes ont ainsi été exécutées depuis le début de l'année dans le royaume alors qu'il n'y en avait eu que 87 pour toute l'année dernière. Au grand dam d’Amnesty International : l’organisation s'est inquiétée en mars du nombre important de décapitations pour trafic de drogue en Arabie, notant qu'elles représentaient plus de la moitié des exécutions depuis le début de l'année. En septembre 2014, un expert indépendant travaillant pour l'ONU avait aussi exprimé son inquiétude concernant le déroulement des procédures judiciaires et appelé à un moratoire sur les exécutions en Arabie. Dans le rapport annuel d'Amnesty international pour 2014, l'Arabie saoudite a figuré parmi les cinq pays qui exécutent le plus de personnes.

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