Peine de mort : pour sa première exécution en 18 mois, la Floride utilise un nouveau sédatif déjà critiqué

Peine de mort : pour sa première exécution en 18 mois, la Floride utilise un nouveau sédatif déjà critiqué

PEINE CAPITALE - La Floride a mené jeudi sa première exécution depuis 18 mois en utilisant un médicament encore jamais utilisé dans un cocktail létal aux Etats-Unis. Sauf que celui-ci présente des problèmes.

La Floride renoue avec la peine capitale. Accusé d'un double meurtre, Mark James Asay, 53 ans, a été exécuté jeudi soir à 18h22 (22h22 heure française). Une première exécution depuis 18 mois pour la Floride qui a été réalisée avec de l'étomidate, un médicament encore jamais utilisé dans un cocktail létal aux Etats-Unis. Et déjà critiqué, comme le fut son prédécesseur, le midazolam.

Accusé de ne pas suffisamment plonger le condamné dans l'inconscience, et donc de provoquer des souffrances inutiles, le midazolam avait en effet suscité une forte polémique aux Etats-Unis et a déclenché plusieurs blocages juridiques. Pour l'exécution de Mark James Asay, les autorités pénitentiaires ont donc décidé de remplacer le midazolam par de l'étomidate, un agent anesthésiant encore jamais utilisé parmi les trois produits constituant l'injection létale. 

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Le laboratoire désapprouve

Problème : il est parfois difficile d'administrer ce sédatif, commercialisé sous le nom Amidate. Il peut en effet provoquer de sévères irritations et brûlures, met en garde Jonathan Groner, chirurgien, professeur à l'université d'Etat de l'Ohio et opposant à la peine capitale. L'étomidate "est un médicament très spécifique et très dangereux quand on l'administre par intraveineuse, car il peut provoquer des blessures très sérieuses si ce n'est pas fait correctement", a -t-il déclaré. 

"Cela peut être extrêmement douloureux", a souligné le chirurgien, particulièrement quand l'étomidate "est injecté dans des veines abîmées, or beaucoup de détenus dans le couloir de la mort ont les veines abîmées à cause de leur âge ou parce qu'ils ont un passé de toxicomanie". Il y a donc de grandes chances que l'exécution se passe mal, selon Jonathan Groner.

Un avis que semble partager le groupe Johnson & Johnson, créateur du produit. Le laboratoire Janssen, qui a crée l'étomidate pour le groupe il y a plusieurs décennies, a protesté contre ce nouvel usage. "Nous n'approuvons pas l'usage de nos médicaments dans des injections létales servant à la peine capitale", a réagi mardi un porte-parole, Greg Panico, dans un entretien au Washington Post. "Janssen découvre et développe des innovations médicales pour sauver et améliorer des vies", a-t-il souligné. 

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