Attentat de Londres : identités multiples, motivations, condamnations... ce que l'on sait de l'assaillant

ATTAQUE - 48 heures après l'attentat près du Parlement de Londres, qui a fait quatre morts et une cinquantaine de blessés mercredi, on en sait un peu plus sur l'auteur de l'attaque, tué par les forces de police. Il s'agit d'Adrian Russell Ajao, un Britannique de 52 ans connu des services de sécurité qui utilisait diverses identités, dont Khalid Masood.

Qui est l'auteur de l'attentat de Londres, qui a tué quatre personnes et fait une cinquantaine de blessés avant d'être abattu mercredi 22 mars près du Parlement ? Après avoir caché son identité "pour le bon déroulement de l'enquête", la Metropolitan police a finalement dévoilé son nom. Il s'agit de Khalid Masood. Âgé de 52 ans, ce Britannique, né sous le nom d'Adrian Russell Ajao dans le Kent et élevé par sa mère à Rye, était connu des services de police et possédait plusieurs identités. Selon les médias britanniques, il s'était converti à l'islam et aurait séjourné en Arabie Saoudite au milieu des années 2000, période au cours de laquelle il se serait radicalisé.


Il vivait depuis peu dans les West Midlands et "ne faisait l'objet d'aucune enquête". Selon Scotland Yard, "les services de renseignement ne possédaient pas d'éléments sur son intention de mener une attaque terroriste". Il habitait jusqu'en juin dernier à Birmingham avec sa femme et leurs enfants, selon des témoins qui ont dépeint un homme "très religieux". Il avait été condamné par le passé pour coups et blessures, possession d'armes et troubles à l'ordre public. Sa dernière arrestation remonte à décembre 2003. Le terroriste n'a cependant jamais été inculpé pour des actes terroristes.

"Il y a quelques années, il a fait l'objet d'une enquête du MI5 pour des soupçons d'extrémisme violent", a expliqué Theresa May. "C'était une figure secondaire", a-t-elle ajouté. "(...) Il n'était pas dans le radar des services de renseignement ces temps-ci". Selon le quotidien The Guardian, Masood ne figurait d'ailleurs pas sur la liste du MI5 des 3.000 personnes les plus susceptibles de commettre un acte terroriste. 


Quelques heures avant de passer à l'action, Masood a séjourné dans un hôtel à Brighton, sur la côte sud de l'Angleterre, selon The Sun. L'hôtel a été perquisitionné par la police après que celle-ci a découvert une facture de l'établissement dans la voiture utilisée pour faucher les piétons sur le pont de Westminster mercredi.


Il ne s'agit donc pas du prédicateur radical Abu Izzadeen, connu également sous le nom de Trevor Brooks, qui avait été présenté comme l'assaillant mercredi après-midi par la chaîne de télévision Channel 4. Selon son avocat, cet homme serait toujours en prison depuis son incarcération en janvier 2016. Channel 4 s'est d'ailleurs excusée pour son erreur.

L'assaillant aurait agi seulMark Rowley, chef de l'antiterrorisme britannique

Alors que dans un premier temps, Mark Rowley, le chef de l'antiterrorisme britannique, laissait entendre que l'assaillant, vêtu de noir et portant une barbe - comme le montrent plusieurs photos parues dans la presse britannique - aurait agi seul, les enquêteurs tentent de déterminer s'il a été en contact avec d'éventuels commanditaires.


"Notre enquête vise à comprendre ses motivations, son action et ses associés", a dit Rowley. "Même s'il n'existe toujours aucune preuve de nouvelles menaces, vous comprendrez notre détermination à établir s'il a agi totalement seul, inspiré peut-être par de la propagande terroriste, ou si d'autres l'ont encouragé, soutenu ou dirigé", a-t-il poursuivi.

La ville de Birmingham au cœur de l'enquête

Au total, neuf personnes ont été placées en garde à vue suite à des raids menés par la police britannique, notamment à Birmingham, dans les nuits de mercredi à jeudi et de jeudi à vendredi. Selon la BBC, la voiture - un SUV de marque Hyundai, indique le Daily Mail - utilisée par le terroriste pour faucher les piétons sur le pont de Westminster a été louée à Birmingham.


Il faut dire que la deuxième ville du Royaume-Uni est un fief des islamistes britanniques. Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles l'an dernier et suspect-clé des tueries de Paris en novembre 2015, y avait séjourné l'été précédant ces attaques.

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