EN IMAGES - Rues désertées, lieux touristiques abandonnés… Le vide gagne les villes européennes

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A L'ARRÊT – Alors que l'Europe est désormais bel et bien le "nouveau foyer de l'épidémie", comme la décrit l'OMS, capitales et grandes villes s'arrêtent. De Paris à Rome en passant par Madrid et Bruxelles, les commerces se ferment, les places se vident, les voitures s'arrêtent.

Comme un air de 15 août en plein mois de mars. Entre les sorties des salles de cinéma, les terrasses bondées toute la soirée et les klaxons des motos slalomant entre les bus, les grandes villes européennes sont connues pour leur frénésie. C'était sans compter sur le coronavirus. Pour la première fois, mercredi, le Covid-19 a fait davantage de décès en Europe qu'en Asie, poussant les pays à prendre des mesures de confinement pour lutter contre la propagation de la pandémie. Dorénavant, dans le Vieux continent, le silence règne. Et la population retient son souffle.

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C'est le cas évidemment à Paris. Même si Emmanuel Macron déplore toujours que certaines personnes prennent les consignes "à la légère", les règles du confinement semble peu à peu s'ancrer dans les esprits en ce troisième jour. Si bien que les vitrines des Grands Boulevards ne sont plus léchées par des centaines de touristes. Figées, ces avenues sont délaissées, tout comme ses lieux d'exposition. De toute façon, ils sont tous fermés. Devant le Louvre, musée le plus visité au monde en temps normal, les longues files d'attente ont disparu. Elles ont laissé place à quelques vigiles qui tiennent la garde. 

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Les images de Paris à l'heure du confinement

Les Parisiens eux aussi ont quitté leur propre ville, au plus grand dam des habitants en région. Dans un exode digne d'un mois d'août, ils se sont rués à la campagne, laissant derrière eux un périphérique "fluide" à toute heure. Alors, dorénavant, des trajets d'une demi-heure se font en cinq minutes. Du matin au soir, le silence règne, tout juste interrompu par une minute d'applaudissements pour les personnels soignants.

Mais la Ville Lumière n'est pas la seule à prendre des airs de ville morte. A Lille comme à Cannes, l'heure est au respect stricte de la consigne du gouvernement, à savoir "rester chez soi". A Strasbourg, par exemple, les forces de l'ordre rôdent afin de vérifier le respect de cette simple règle. Devant l'une des plus hautes cathédrales de France, on vérifie que chacun a son attestation de déplacement dérogatoire, un document devenu nécessaire pour quiconque veut pointer le bout de son nez dehors. 

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De Bruxelles à Londres, la St Patrick est annulée

Même au pays de la bière, l'heure n'est plus à la fête. Malgré la Saint Patrick, journée particulièrement festive qui devait avoir lieu le 17 mars, les brasseries, tout comme les restaurants et les cafés, ne servent plus personne depuis la veille. Et chacun se réfugie chez lui. Comme dans l'Hexagone, les seules exceptions sont les trajets pour aller chez le médecin et dans quelques commerces jugés essentiels, et pour l'activité physique en plein air.

Face aux critiques, le Royaume-Uni semble lui aussi prendre conscience de la dangerosité du Covid-19. Les piétons ne se baladent plus ni dans les rues, ni dans le métro. Les ponts londoniens qui traversent la Tamise se vident au fur et à mesure que la population suit les consignes de distanciation sociale. 

La distance... C'est ce qu'ont voulu créer les gouvernements tchèque et slovaque. Tout deux ont fermé, depuis jeudi, leurs frontières avec leurs voisins. Une mesure qui s'est accompagnée de consignes de restrictions des trajets, poussant là encore la population à ne plus sortir. Rares sont les personnes à s'aventurer dans les rues de la capitale, Prague, où le plus grand festival du film du pays, le Febiofest, a été annulé.

Drôle d'ambiance dans le sud de l'Europe

Enfin, c'est au sud que le silence se fait le plus pensant. Et le plus long. Sur le pourtour méditerranéen, l'énergie et la chaleur ont laissé place à l'inquiétude et au repli. Touchée de plein fouet, l'Italie s'est barricadée, depuis le 10 mars. Une épreuve qui devrait durer, alors que ce mercredi, le pays a connu un nombre record de décès. De quoi faire sauter un battement à la Ville Éternelle, dont le cœur semble peu à peu cesser de battre. 

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Une baisse du rythme qui touche aussi l'Espagne. Pour une fois, Madrilènes et Barcelonais se mettent d'accord. Ils ne boivent désormais plus leur café en terrasse et ne partagent plus de tapas sous le soleil. Alors, y a-t-il vraiment encore une raison de sortir? Les rues désertées semblent dire le contraire. Désormais, plus personne ne s'aventure sur la Gran Vía, pourtant l'une des artères principales du centre de Madrid.  Le pays de Cervantes, comme l'Europe, est devenue méconnaissable. Le Vieux continent, qui en a vu d'autres, se met sous cloche. Et attend désormais que ça passe.  

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