Placer les patients chez des particuliers ? C’est la solution à laquelle pensent les hôpitaux anglais pour se désengorger

Placer les patients chez des particuliers ? C’est la solution à laquelle pensent les hôpitaux anglais pour se désengorger

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SANTE - Le comté de l’Essex, au Royaume-Uni, voulait mettre en place une expérience sur l’hébergement privé. Face aux réactions scandalisées, elle a été ajournée.

Désengorger les hôpitaux. Coûte que coûte. A n’importe quel prix ? Peut-être... C’est sans doute ce raisonnement qui peut expliquer une initiative qui a été lancée dans le comté de l’Essex : l’hôpital universitaire du comté de l'Essex voulait, rapporte le Figaro ce vendredi, faire héberger des patients dans des domiciles privés. 


D’après le Guardian, les hôpitaux saturés sont devenus un problème majeur :  le "bedblocking" (lits bloqués) a augmenté de 40% depuis un an, et "on estime à 8000 le nombre de décès dus à des soins trop tardifs", parce que les lits sont pris, rapporte Le Figaro. 

Réactions courroucées

La start-up CareRooms, qui porte ce projet, explique que l’idée est simple : il s’agit de déléguer la garde des patients en convalescence à des particuliers qui habitent à proximité, pour une rémunération d’une cinquantaine de livres par patient et par nuit. CareRooms aurait le rôle de mettre en contact l’hôpital et les particuliers tentés par l’aventure. L’annonce de ce projet a suscité des réactions courroucées. Selon The Independant, aucune expérience médicale ne serait nécessaire pour les hébergeurs. Ce qui n’est pas sans poser problème, d’autant que, à la différence d’un hôpital où toutes les chambres sont les mêmes, dans ce cas précis, les prestations proposées seraient très différentes les unes des autres. Autres reproches, la question de la dignité avec laquelle un pays traite ses malades, ou encore le parallèle fait avec les dérives des maisons de santé. 

Le projet pas abandonné

Face aux réactions, l’administration publique de la Santé (NHS) a annoncé qu’il était trop tôt pour lancer l’expérience, mais ne semble pas pour autant avoir enterré cette solution. "Nous tenons à préciser que, à ce stade précoce, le Conseil [de l'hôpital local] a seulement accepté de continuer à explorer la viabilité du projet", a-t-elle simplement indiqué dans un communiqué. De son côté, le ministre de la Santé Philipp Dunne, interrogé par la BBC sur l’hébergement privé, s’est contenté de dire que "tout ce qui est innovant doit être soigneusement examiné et évalué avant d'être généralisé."

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