Plus d'une fusillade par jour aux Etats-Unis : comment expliquer cette folle statistique

Plus d'une fusillade par jour aux Etats-Unis : comment expliquer cette folle statistique

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DÉCRYPTAGE - Des tueries "sans équivalent ailleurs dans le monde". Barack Obama n’a pu que déplorer mercredi soir la fusillade qui s’est déroulée à San Bernardino – 14 morts et 17 blessés -, tant celle-ci illustre le quotidien des chaînes d’information aux Etats-Unis. Un problème quasiment insoluble, tant les armes à feu sont ancrées dans la société américaine.

 Plus d’une fusillade par jour
A la date du 27 novembre, les Etats-Unis ont été le théâtre de 351 fusillades de masse en 2015. Soit plus d'une par jour, selon le site Shootingtracker, qui recense tous les incidents de ce type impliquant au moins quatre victimes, qu'elles aient été tuées ou blessées. Plus largement, selon le site  Gun Violence Archive  (GVA), fondé en 2013 après la tuerie de l’école de Sandy Hook, 48.297 incidents impliquant des armes à feu ont été recensés depuis le 1er janvier 2015. Le bilan est dramatique : 12.219 morts, dont 640 enfants.

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Les armes à feu, un droit ancré dans la Constitution
Le deuxième amendement, ratifié en 1791, énonce : "Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes". S'il évoque bien le fait d'être armé, l'interprétation diffère : côté démocrate, on assure que la première partie de la phrase conditionne le droit de s'armer à l'appartenance à un groupe habilité à l'être. Pour les républicains et la NRA, la seconde partie de l'amendement garantit le droit de posséder une arme pour l'autodéfense. 

L’impuissance de Barack Obama
"Nous devons faire quelque chose (...). Ça suffit", avait tonné le président américain samedi matin, après une fusillade, cette fois-ci dans un planning familial . "Cela est devenu une routine", avait-il également lancé début octobre. Sauf que Barack Obama a les mains liés par le Congrès : celui-ci est dominé par le camp républicain, lequel fait barrage à toute réforme sur le dossier des armes, au nom du sacro-saint deuxième amendement de la Constitution. Son argumentaire tient en deux idées force : aucune loi ne pourra empêcher déséquilibrés et criminels de se procurer une arme, ni d'ouvrir le feu sur une foule. Face à de tels dangers, les citoyens ont justement besoin d'être armés pour se défendre.

La puissance du lobby "gun right"
Que serait le débat sur les armes sans la National Rifle Association (NRA) ? Ce lobby pro-armes, né après la guerre civile en 1871, dispose d’une capacité de mobilisation de ses membres - et d’un budget quasi-illimité - pour s’inviter dans les couloirs du Congrès, où il influence bon nombre de parlementaires. La NRA est une institution outre-Atlantique : son premier président, un général nordiste, avait entrepris de mieux former ses soldats, la plupart étant de piètres tireurs. Un siècle plus tard, dans les années 1970 et la conquête des droits civiques par les Noirs, le ton change : d'association de défense des chasseurs, elle est devenue militante agressive du "gun right ", le "droit au fusil". Comme l'a révélé récemment le Washington Post, la NRA a financé pendant des années les chaires professorales et les recherches des étudiants en droit qui ont patiemment accrédité l'idée que le second amendement s'applique aux individus et non aux seules polices des Etats.

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