Polémique Valls : et à l'étranger, on en pense quoi?

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DECRYPTAGE - Manuel Valls traverse l'une de ses plus mauvaises passes depuis son arrivée à Matignon. En cause : son escapade à Berlin aux frais de l'État. Un faux pas dont la France n'a pas le monopole, comme l'expliquent à metronews plusieurs journalistes étrangers en poste à Paris.

"Grosse gaffe", "footboulette" et autre "écart aérien"... La polémique ne désenfle pas dans la presse française, cinq jours après l’escapade berlinoise de Manuel Valls. Le Premier ministre est en effet vertement critiqué pour avoir utilisé - en compagnie de deux de ses fils - un Falcon de la République pour assister à la finale de la Ligue des champions entre Barcelone et Turin. Total : entre 15.000 et 20.000 euros selon les estimations, le tout aux frais du contribuable. Si la France s'enflamme pour "l'affaire Valls", qu'évoque-t-elle chez nos voisins ?

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Correspondante à Paris pour la radio publique allemande, Martina Zimmermann se remémore "l’affaire Ulla Schmidt", du nom de la ministre de la Santé qui, durant l’été 2009, avait parcouru, en voiture officielle, plus de 2.600 kilomètres pour rallier Berlin à Alicante, où elle séjournait en vacances. Sous le feu des critiques, la ministre est contrainte à la démission peu après. Quelques années plus tard, le pouvoir a appris à se montrer exemplaire. "Angela Merkel prend très rarement son avion et vole avec la Lufthansa, en première classe, relève Martina Zimmermann. "Chez nous, on est obligé de quitter le pouvoir pour pas grand chose."

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"En Italie, on ne démissionne jamais"

Même rigueur chez nos voisins anglo-saxons. "Un vol officiel pour assister à un match de football ? Cela ne se fait pas en Angleterre, c’est très mal vu", nous explique Henry Samuel, journaliste au Telegraph. Et la pression est encore plus forte depuis le scandale des frais des ministres, révélée en 2009 par notre journal. On scrute désormais tout ce qui pourrait être considéré comme du gaspillage de l’argent public." Pour le correspondant du quotidien anglais, le "Vallsgate" a comme un air de déjà-vu : "En mars dernier, le républicain Aaron Schock a été poussé à la démission aux Etats-Unis. Il avait pris un jet privé pour aller voir un match de football américain à Chicago !"

Finalement, c'est en Italie que l'on se montre le plus conciliant. "Ici, c’est comme la France, on ne démissionne jamais !", ironise Luisa Pace, journaliste pour le quotidien la Valle dei Templi. "Les Italiens en rêvent pourtant, habitués aux repris de justice au pouvoir..." Pour les réconcilier avec la politique, le président du Conseil italien, Matteo Renzi, essaie depuis un an de réduire le train de vie de l’Etat. Il a ainsi décidé de mettre en vente 1.500 véhicules jugés superflus appartenant au gouvernement. Mais selon Luisa Pace, cela ne suffit pas à atténuer ce que les Italiens appellent le "malgoverno" qui règne sur le pays : "On a une telle corruption actuellement, entre les procès qui reprennent et la mairie de Rome qui est mouillée par un scandale mafieux... Autant vous dire qu'une affaire Valls chez nous, on n'en parlerait même pas !"

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