Pollution : du Pakistan à l’Inde, trois exemples pour comprendre l’impact d'un "smog"

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CLIMAT - Un épais brouillard polluant recouvre le nord du sous-continent indien ce mercredi. Des dizaines de millions de personnes suffoquent, et voient leur quotidien impacté par ce toxique rideau gris.

L’équivalent de deux paquets de cigarettes par jour. C’est ce que les habitants de New Delhi respirent ce mercredi, à l’heure où la mégapole suffoque plus que jamais. Ainsi, vers à 16h00 locales, le compteur affichait un niveau extrême de particules ultrafines à 1010 microgrammes par mètre cube d'air (μg/m3). Un chiffre démentiel, quand on sait que l'OMS recommande de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière pour la santé. Ce "smog" (contraction de fog de smoke en anglais, désignant un brouillard de pollution) a des conséquences diverses sur la population.

Les écoles baissent le rideau

La capitale indienne New Delhi, où 20 millions de personnes vivent, a ordonné mercredi la fermeture de toutes ses écoles pour le reste de la semaine afin de protéger les poumons des enfants. Bilan : deux millions de bambins sont restés confinés chez eux. "En raison de la détérioration de la qualité de l'air à Delhi, il ne peut y avoir de compromis avec la santé des enfants", a tweeté Manish Sisodia, vice-ministre en chef de la région de Delhi. Cette décision est une extension de la fermeture, décidée la veille, des écoles primaires uniquement. Même scénario à Lahore, où le gouvernement de la province du Pendjab a pris mardi un arrêté fixant à 9h00 locales le début des cours dans les écoles de la province "du fait du smog intense", très fort au petit matin, contre 8h00 ou 8h30 habituellement.

Des centaines de patients dans les hôpitaux

Dès les premières heures du jour, les effets sur la santé se sont fait ressentir chez certains habitants de Lahore. Dans l'hôpital Mayo, l'un des plus grands de la seconde ville du pays, des patients attendaient un traitement assis sur des brancards. Plusieurs sexagénaires, allongés, respiraient dans un masque à oxygène. Leur nombre a "quadruplé" pour "les problèmes oculaires, les infections respiratoires et l'asthme" lié au smog, observe le docteur Irshad Hussain. "S'ils étaient 100 auparavant, ils sont désormais 400", du fait "d'irritations de la bouche et du nez", estime-t-il. Alarmée, l'association médicale indienne a par ailleurs estimé que la capitale se trouvait en "état d'urgence de santé publique" et appelé les décideurs à réagir. Leur peur ? Que ces particules en suspension accentuent les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer des poumons.

L’économie au point mort

C’est tout le paradoxe de cet épisode de pollution : à l’origine de ce nuage, l’économie locale en souffre également. La compagnie aérienne pakistanaise PIA a ainsi annoncé des modifications des horaires sur certains vols, tantôt retardés, tantôt avancés pour s'éloigner des pics de pollution, et l'annulation d'autres. "La compagnie ne peut pas opérer de vols avec une visibilité faible en prenant en compte des impératifs de sécurité", a-t-elle justifié dans un communiqué. Quelque 180 entreprises ont été "fermées" et "350 dossiers" ont été ouverts au sujet de particuliers menant des activités "polluantes qui causent du smog", a de son côté indiqué le directeur du département de l'environnement du Pendjab, Naseem Ur Rehman.

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