Pollution : pourquoi l'accord Etats-Unis-Chine est loin d'être "historique"

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ECOLOGIE - Les Etats-Unis et la Chine se sont engagés mercredi à lutter davantage contre le réchauffement climatique. Mais l'accord révèle surtout le manque d'intérêt des deux principaux émetteurs de gaz à effet de serre pour la question.

"Un pas de géant", un accord "historique", une contribution "importante". A l'Agence internationale pour l'énergie, à la Maison Blanche ou à l'ONU, il n'y a pas eu pénurie d'éloges pour qualifier l'accord signé mercredi entre les Etats-Unis et la Chine en faveur du climat.

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Les deux plus gros pollueurs du globe se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet entre 26 et 28% d'ici à 2025 (pour les Etats-Unis), à stopper l'augmentation des rejets "autour de 2030" - avant si possible - et à porter à 20% la part des sources non polluantes dans la production énergétique du pays (pour la Chine).

Un tel engagement est une première pour Pékin, tandis que les Etats-Unis vont plus loin sur la réduction de leurs émissions. Mais l'accord est loin d'être historique, car il en faudra plus pour lutter contre le réchauffement climatique. Voilà pourquoi.

La Chine ne s'est pas engagée à réduire ses émissions
Le plus gros émetteur de gaz à effet de serre n'a pas promis de diminuer ses émissions, mais seulement de stopper leur augmentation. Une nuance de taille, puisque rien ne l'empêchera de polluer comme bon lui semble pendant les 15 prochaines années et d'atteindre un pic, avant de laisser stagner ses rejets de gaz nocifs pour l'environnement.

En espérant pouvoir réaliser cet objectif "autour de 2030", Pékin ne s'est pas fixé un calendrier des plus contraignants. Ce qui en dit long sur son envie de participer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Un objectif trop peu ambitieux pour les Etats-Unis
Réduire d'au moins 26% les émissions d'ici 2025 : c'est bien, mais c'est très en deça des recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), qui fait référence sur les questions relatives au réchauffement. Selon le Giec, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront être réduites entre 40 à 70% dans la période 2010-2050, et disparaître d'ici 2100, pour que la Terre reste sous le seuil des 2°C de réchauffement à la fin du siècle. C'est mal parti si le deuxième plus gros pollueur n'y met pas du sien...

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De plus, les Etats-Unis ont fixé leur engagement par rapport au niveau d'émissions atteintes en 2005, soit la deuxième année la plus noire depuis 1990 - et le début des mesures. Cette année-là, 7,25 milliards de tonnes d'équivalent CO2 avaient été relâchées dans l'atmosphère.

Encore faudrait-il que Barack Obama parvienne à faire voter ce plan par le congrès américain, où les républicains, pas franchement portés sur l'écologie, sont redevenus majoritaires depuis les élections de mi-mandat . Le chef de file des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a déjà qualifié le projet d'"irréaliste". Une réaction de mauvais augure avant le sommet COP20 sur le changement climatique début décembre au Pérou, et le sommet COP21 organisé à Paris en décembre 2015.

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