Pologne : le Parlement rejette l'interdiction totale de l'avortement

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DROITS DES FEMMES - Le Parlement polonais a rejeté jeudi par une importante majorité de voix la proposition de loi interdisant presque complètement l'avortement.

Le parti conservateur jette l'éponge. Bousculé par la mobilisation des femmes polonaises contre une interdiction quasi complète de l'avortement, le gouvernement a revu sa position et a rejeté le texte lors d'un vote jeudi au Parlement.

Le texte a été rejeté par 352 députés de la majorité conservatrice et de l'opposition. Cinquante-huit députés se sont prononcés pour son adoption, alors que 18 se sont abstenus. Cette décision avait été précédée mercredi soir par un rejet du texte en commission parlementaire.  Un revirement assumé jeudi matin avant le vote par le président du parti Droit et Justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski : "Nous avons le plus grand respect pour les signataires de la proposition de loi, mais en observant la situation sociale, nous constatons qu'elle (la proposition) conduirait à un processus dont l'effet serait contraire à ses objectifs", a dit M. Kaczynski.

"Trois actions "du gouvernement avant la fin de l'année

De son côté,  la Premièr eministre Beate Szydlo a annoncé "trois actions" du gouvernement : l'élaboration, avant la fin de l'année, d'un programme de soutien aux familles et aux femmes décidant de garder des enfants nés de grossesses difficiles et élevant des enfants handicapés, la mise en place, début 2017, d'allocations à ces personnes et une "vaste action d'information pour promouvoir la défense de la vie".

Ce volte-face intervient quarante-huit heures après des manifestations ayant réuni quelque 100.000 "femmes en grève" vêtues de noir pour protester contre la proposition de loi. Les protestations de lundi "nous ont fait réfléchir et nous ont donné une leçon d'humilité", a admis le ministre de la Science et de l'Enseignement supérieur, Jaroslaw Gowin.

La loi actuellement en vigueur autorise l'avortement dans trois cas : risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.  La proposition examinée ne laisserait impunie qu'une intervention pour sauver la vie de la femme. Elle fixe la peine de prison maximale pour la femme qui avorte à cinq ans de prison, tout en permettant au juge de renoncer à la punir.

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