Port du voile autorisé dans le football : une décision qui fait grincer des dents

Port du voile autorisé dans le football : une décision qui fait grincer des dents

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LAÏCITÉ – La possibilité pour les joueurs de football de porter le voile ou le turban, officiellement intégrée samedi dans les règles de ce sport, a été fustigée par la ligue de football professionnel française qui y voit "une grave erreur" malmenant "le principe d'universalité du football. Dans un autre registre, la présidente du Front National, Marine Le Pen (FN), a jugé dimanche que cette autorisation était "une décision influencée par le Qatar".

Pour les instances dirigeantes du ballon rond, l'aspect sportif a primé sur le débat autour du symbole religieux. Marine Le Pen, présidente du front National (FN), a elle jugé dimanche que l'autorisation du voile et du turban, intégrés officiellement la veille dans les règles du football, était "une décision influencée par le Qatar". Interrogée sur le sujet lors de l'émission "Tous politiques" France Inter/Le Parisien/France 24, la frontiste a estimé que cette décision visait à "favoriser le déversement de l'argent des pétromonarchies", ajoutant trouver cela "scandaleux".

Officiellement, cette décision devrait contribuer à lever la barrière religieuse dans plusieurs pays du globe. "Une expérience a été menée et la décision restait à prendre. Cela a été confirmé : les joueuses peuvent avoir la tête couverte pour jouer", a déclaré, samedi, le secrétaire général de la Fédération internationale de football (FIFA), Jérôme Valcke, lors d'une conférence de presse. "Nous ne pouvons faire de discrimination. Ce qui s'applique aux femmes peut s'appliquer aux hommes. Les hommes peuvent aussi porter dans les différentes compétitions un couvre-chef", a ajouté Jérôme Valcke.

"Une grave erreur qui malmène le principe d'universalité du football"

L'International Football Association Board (IFAB), l'organe garant des lois du ballon rond, avait autorisé à titre d'essai le port du voile sous certaines conditions strictes il y a deux ans, à la demande de plusieurs pays musulmans. Le Board avait ensuite accepté d'étendre cette expérience aux joueurs masculins après qu'un conflit autour du turban par des Sikhs a débordé sur les terrains de football au Québec.

Le Board a jugé ne plus avoir de raisons valables d'interdire une telle mesure si les consignes fixées sont bien respectées. Car ce couvre-chef n'aura rien à voir avec le voile ou le turban de tous les jours. Il doit être collé à la tête, être en accord avec la tenue du joueur, ne pas être rattaché à son maillot, ne pas constituer un danger pour quiconque et ne doit avoir aucune partie qui dépasse. Les épinglettes pour le faire tenir aux cheveux sont aussi bannies. Une circulaire sera envoyée aux différentes fédérations pour expliquer les détails.

Pour Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel (LFP) française qui représente les clubs, cette décision constitue une "grave erreur" et "malmène le principe d'universalité du football". "Alors que la charte olympique exclut tout signe religieux, cette autorisation va à l'encontre du droit des femmes et menace la neutralité d'un football préservé des querelles religieuses et politiques". En France où le débat sur le voile fait rage dans toutes les strates de la société, la fédération nationale de football (FFF) avait déjà interdit à ses licenciées le port du voile, il y a deux ans, afin "de respecter les principes constitutionnels et législatifs de laïcité" qui prévalent dans l'Hexagone. Samedi, la FFF a rappelé que ces mêmes principes restaient valables y compris "en ce qui concerne la participation des sélections nationales françaises dans des compétitions internationales".

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