Pour le président de l'Eurogroupe, les pays du Sud de l'UE ont "dépensé leur argent pour de l'alcool et des femmes"

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DÉRAPAGE - Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe - le conseil qui réunit les ministres des Finances des pays de la zone euro - s'est adressé aux pays du sud de l'UE dans un quotidien allemand : "Vous ne pouvez pas dépenser tout l'argent dans l'alcool et les femmes et ensuite demander de l'aide". Depuis, il refuse de s'excuser.

Les Grecs, Espagnols ou Portugais apprécieront. Dans une interview au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le néerlandais Jeroen Dijsselbloem, actuellement président de l'Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de la zone euro, a expliqué sa vision de la solidarité européenne avec une phrase qui n'est pas passée inaperçue. 

"Durant la crise de l'euro, les pays du nord ont montré de la solidarité avec les pays touchés par la crise. En tant que social-démocrate, je donne beaucoup d'importance à la solidarité. Mais vous avez aussi des obligations. Vous ne pouvez pas dépenser tout l'argent dans l'alcool et les femmes et ensuite demander de l'aide". Cette adresse aux pays du sud de l'UE, traduite par le quotidien économique La Tribune, a été critiquée par de nombreux parlementaires des pays concernés, notamment espagnols.

"Je me demande vraiment comment une personne avec de telles convictions peut encore être considérée comme apte à être président de l'Eurogroupe", a, par exemple, déclaré le député européen italien Gianni Pitella, chef du groupe socialistes et démocrates. Mardi, devant le Parlement européen, Jeroen Dijsselbloem a défendu ses propos et refusé de s'excuser : "L'idée qu'il s'agit d'une attaque lorsque je suis sérieux sur les règles et que je les prends au sérieux est une erreur", a-t-il affirmé.

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Dans les prochains mois, Jeroen Dijsselbloem perdra son poste de ministre des Finances néerlandais, après la défaite de son parti travailliste aux dernières élections législatives des Pays-Bas. En théorie, il est censé rester à la tête de l'Eurogroupe jusqu'au 1er janvier 2018, même si ce dernier pourrait décider du contraire.

Cette polémique intervient alors que les discussions entre Athènes et ses créanciers de la zone euro s'éternisent. Les deux parties sont divisées sur les réformes à appliquer à la Grèce pour débloquer de nouveaux prêts prévus par le plan d'aide, conclu en 2015.

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