"Pour quelle raison vous ont-ils donné le prix Nobel ?" : échange surréaliste entre Donald Trump et Nadia Murad à la Maison-Blanche

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CHOC DES CULTURES – Reçue à la Maison-Blanche par Donald Trump pour faire entendre la voix des femmes yézidies victimes de Daech, Nadia Murad, prix Nobel de la paix 2018, s’est heurtée à la méconnaissance du président des États-Unis.

Nadia Murad a vécu suffisamment d’événements tragiques pour ne plus être étonnée par grand-chose. Pourtant, mercredi, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, face au président des États-Unis, qui recevait alors, au nom du département d’État, un groupe de plusieurs personnes ayant survécu à une persécution religieuse, celle qui a reçu, à l’âge de 25 ans, le prix Nobel de la paix en 2018 pour être devenue la courageuse porte-parole des nombreuses femmes yézidies victimes des crimes sexuels perpétrés par les djihadistes de Daech, n’a pu masquer sa grande surprise quand Donald Trump l’a interrompue dans son récit.

Mais Daech est parti, et maintenant c'est les Kurdes et qui ? - Donald Trump face à Nadia Murad

Elle était en train de raconter comment sa mère et ses six frères ont été tués, précisant que 3.000 Yézidies restaient portés disparus, quand le Président est intervenu pour lui demander : "Et vous avez eu le prix Nobel ? C’est incroyable. Ils vous l’ont donné pour quelle raison ?" Après une courte pause, Nadia Murad ne s’est pas démontée et a répété son histoire, s’adressant ensuite en ces termes à Donald Trump : "Après tout ce qui m'est arrivé, je n'ai pas baissé les bras. Je dis clairement à tout le monde que Daech a violé des milliers de femmes yézidies. S'il vous plaît, faites quelque chose."

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Le président américain, qui a cru bon de lui dire qu’il "connai[t] très bien la région", n’a toutefois pas semblé saisir la portée du problème, les gouvernements irakien et kurde se renvoyant la balle pour ne pas avoir à gérer l’épineuse question  du retour des yézidis chez eux. En effet, Donald Trump l’a ensuite interrogée en ces termes : "Mais Daech est parti, et maintenant c'est les Kurdes et qui ?" Non, Nadia Murad ne s’était sans doute pas imaginé devoir dispenser un tel cour de géopolitique au dirigeant de la première puissance mondiale.

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