Allemagne : le port du voile intégral interdit dans la fonction publique

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INTÉGRATION - Les députés allemands ont adopté jeudi une loi interdisant le port du voile intégral pour les agents de la fonction publique. Il est cependant toujours accepté dans l’espace public, même si la police pourra demander à le retirer.

Les fonctionnaires et agents de la fonction publique allemande n’auront plus le droit de venir travailler en portant le voile intégral. Les soldats, les juges et les membres des commissions électorales non plus. Le Bundestag a adopté jeudi une loi interdisant la burqa ou le niqab pour ses agents publics dans le cadre de leurs fonctions. L’espace public n’est pas concerné, mais "lorsqu’une identification nécessaire est requise", les autorités pourront exiger qu’une personne retire son voile ou tout tissu dissimulant son visage.


"L’Etat a le devoir de se présenter lui-même de façon idéologiquement et religieusement neutre, décrit le texte de loi. Une dissimulation religieuse ou idéologique du visage dans l’exercice d’une fonction publique […] va à l’encontre de ce devoir de neutralité".  Officiellement, cela ne concerne pas que le voile intégral islamique. Mais le vote du parlement intervient alors que l’Allemagne a accueilli plus d’un million de migrants depuis 2015, essentiellement musulmans. La question de leur intégration a remué la société allemande et le parti nationaliste anti-immigration de l’Alternative pour l’Allemagne a connu des intentions de vote s’élevant à 15%, avant de redescendre à 10% (des élections législatives auront lieu le 24 septembre), rappelle l'AFP.

"L’intégration, ça signifie aussi que nous signifions clairement et transmettions à d’autres cultures nos valeurs et les limites de notre tolérance", a ajouté le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière. Le texte doit encore être adopté par le Bundesrat, la chambre haute du parlement, pour prendre effet.

Des mesures sécuritaires également renforcées

Dans le même temps, plusieurs mesures pour renforcer la sécurité intérieure du pays ont été prises. Un juge pourra décider d’équiper d’un bracelet électronique certains suspects identifiés comme particulièrement violents et pouvant représenter une menace importante, comme les radicaux islamistes. Une base de données commune aux polices fédérales et régionales est créée, les sanctions contre les personnes agressants des policiers, militaires ou services d’urgence sont durcies et la directive européenne d’échange de données sur les passagers aériens a été approuvée.

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Ces mesures interviennent quelques mois après l’attentat du 19 décembre 2016, où un demandeur d’asile tunisien avait tué 12 personnes lors d’une attaque au camion-bélier sur un marché de Noël à Berlin. L’attentat avait été revendiqué par le groupe Etat islamique et mis en lumière de nombreux dysfonctionnements du système sécuritaire allemand.

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