Pourquoi des milliers de migrants ont-ils quitté le Honduras pour tenter de rallier les Etats-Unis ?

International
DirectLCI
CRISE MIGRATOIRE - Depuis le 13 octobre, environ 7000 personnes ont quitté le Honduras pour essayer de rejoindre les Etats-Unis. Un mouvement de foule synonyme de défi pour les autorités.

Parviendront-ils à atteindre leur eldorado américain ? Depuis quelques jours, des milliers de Honduriens ont quitté leur pays et tentent de rallier à pieds les Etats-Unis. Un périple inédit d'environ 4000 km, qui illustre l'ampleur de la crise que traverse ce pays d'Amérique centrale. Mais il s'agit aussi d'un défi pour Donald Trump, qui avait fait campagne notamment sur la lutte contre l'immigration illégale. Explications.

Que se passe-t-il au Honduras ?

Depuis le 13 octobre, des centaines de Honduriens ont pris la route, direction les Etats-Unis. Ce mouvement, surnommé la "caravane des migrants", a débuté à San Pedro Sula. C'est dans cette ville du nord du pays qu'un appel publié sur les réseaux sociaux a trouvé un écho retentissant au sein d'une population qui cherche à fuir la misère et l'insécurité. En onze jours, ils ont parcouru 800 km, et sont actuellement à Huitxla, dans le sud du Mexique. 

Selon les estimations de l'ONU, la caravane est composée d'environ 7000 personnes. Il leur reste 3000 km pour atteindre la frontière américaine, après avoir traversé le Guatemala, le Salvador pour certains, et une partie du Mexique. Certains de ces migrants, qui fuient tous la violence et la misère dans leur pays, parviennent à avancer un peu plus vite, en montant sur des camions, des pick-ups ou des motos. Mais certains y laissent aussi la vie. Le Honduras a fait état de deux morts parmi ses ressortissants : un au Guatemala, après avoir chuté d'un camion qui l'avait pris en stop, et un autre au Mexique.

Pourquoi ont-ils quitté leur pays ?

Pour fuir leur quotidien. Ce pays de 9,1 millions d’habitants affiche un taux de pauvreté de 64,3%, et près d’un habitant sur cinq vit en situation d’extrême pauvreté (moins d'1,66 euro par jour) dans les zones rurales. En outre, comme au Guatemala et au Salvador, les gangs font régner la terreur. Le Honduras est considéré comme l'un des pays les plus violents du monde, avec un taux annuel de 43 homicides pour 100.000 habitants. 


Cela s'explique notamment par le retour sur le sol hondurien depuis la fin des années 1990 de délinquants, arrêtés aux Etats-Unis et qui sont venus grossir les rangs de ces gangs, mais aussi le narcotrafic. En outre, le Honduras pâtit d'une instabilité politique, puisque ce pays indépendant depuis 1821 a enchaîné les coups d'Etat, mais aussi la guerre civile et des tensions récurrentes avec les pays voisins.

Que va faire Donald Trump ?

Depuis sa prise du pouvoir, l'administration Trump a fait de la lutte contre l'immigration un cheval de bataille. Sans surprise, il s'est saisi du sujet pour le replacer au cœur de la campagne des élections de mi-mandat et ainsi galvaniser sa base. "C'est un assaut contre notre pays, un assaut", a martelé Donald Trump devant des supporteurs enthousiastes au Texas, Etat frontière avec le Mexique.

Évoquant la menace terroriste, Donald Trump affirme en outre que des personnes originaires du Moyen-Orient se sont glissées dans cette "caravane", ainsi que des membres du gang salvadorien ultra-violent MS-13. Un argument qu'il a encore repris mardi en présence de son vice-président, Mike Pence. Ce dernier a jugé "inconcevable" qu'il n'y ait pas des personnes originaires du Moyen-Orient "dans cette foule".


Des stratèges républicains l'ont reconnu publiquement : le parti au pouvoir ne pouvait rêver d'un meilleur timing pour la campagne électorale. Oubliée désormais l'indignation, jusque dans les rangs républicains, provoquée par la séparation des familles de migrants ordonnée par l'administration Trump cet été. Les images de ces marcheurs honduriens traversant par milliers l'Amérique centrale dominent largement les médias désormais.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter