Essai nucléaire "le plus puissant" jamais mené par la Corée du Nord : faut-il vraiment s'inquiéter ?

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ATOMIQUE – Alors que la Corée du Nord a procédé vendredi à un nouvel essai nucléaire, "le plus puissant" à ce jour selon son voisin sud-coréen, les condamnations de la communauté internationale n’ont pas tardé. Cette énième provocation ne devrait cependant pas changer grand-chose à une situation déjà figée.

Nouvelle provocation. Alors que la Corée du Nord a revendiqué vendredi son cinquième essai nucléaire "réussi", les condamnations de la communauté internationale ont été immédiates. Barack Obama a dénoncé une "menace sur la paix" mondiale et a averti que de "nouvelles sanctions" seraient prises, tout comme la France qui a demandé "une très rapide et forte réaction" du Conseil, estimant "que de nouvelles sanctions sont indispensables".  Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté  le Conseil de sécurité, qui devait se réunir à 19 heures GMT, à "rester uni et à agir de manière appropriée". 


Un seuil a-t-il été franchi dans l’escalade des tensions ? "Ce n’est qu’une étape de plus", estime Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), qui vient de publier L’année stratégique 2017 (éditions Armand Colin). 

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La Corée du Nord salue un essai nucléaire "réussi", ses voisins s'inquiètent

On reste dans la gesticulation habituelle Pascal Boniface, directeur de l’IRIS

"En ce jour d’anniversaire de la création de régime, Kim Jung-Un veut montrer à sa population que le pays est puissant", poursuit-t-il. "Mais on reste dans la gesticulation habituelle, même si elle se fait de plus en plus répétitive." 

Ce test, "le plus puissant à ce jour" jamais mené par le Nord selon Séoul, "ne marquera pas un avant et un après", embraye Pascal Boniface, qui exclut tout risque d’intervention militaire. 


"Une guerre ferait des ravages terribles au Japon et en Corée du Sud mais elle serait immédiatement perdue par Pyongyang", explique le directeur de l’IRIS. "La Corée du Nord pourrait peut-être détruire Séoul, mais serait détruite en retour. Le seul but du régime est de se maintenir au pouvoir. Et faire la guerre serait justement le meilleur moyen de perdre le pouvoir." 

Dans la continuité d’une situation déjà figée – les pourparlers à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Russie, Chine, Japon) sur le programme nucléaire nord-coréen sont au point mort depuis 2008 – les probables futures nouvelles sanctions des Nations unies ne devraient rien changer non plus. "Elles vont encore faire souffrir un peu plus la population, mais ça, le régime s’en fiche pas mal", note Pascal Boniface. 


La principale conséquence devrait plutôt se trouver au niveau de la relation entre Pékin et Pyongyang. "Les Chinois, qui ont longtemps été le dernier soutien du régime, commencent à en avoir marre de ces provocations, qui montrent d’ailleurs que la Chine ne contrôle pas la Corée du Nord", souligne le directeur de l'IRIS. "Pékin veut se présenter comme un pays responsable dans la gestion des questions internationales, et la Corée du Nord ne conforte pas cette image."

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