Pourquoi la France est boudée par les réfugiés

Pourquoi la France est boudée par les réfugiés

CONSTAT – Le nombre des demandes d'asile devrait rester stable en France cette année, alors qu'elle explose dans d'autres pays européens, comme l'Allemagne ou la Suède. Des pays plus prisés par les réfugiés.

Chômage, bureaucratie, difficultés de logement... les réfugiés boudent la France. C’est le constat révélé par les chiffres, à contre-courant du discours entonné par une partie de la classe politique française, notamment à droite, qui prône un contrôle strict des frontières et redoute un afflux de migrants syriens, afghans ou irakiens. Comme le souligne l’AFP ce lundi, la France n'attend en effet "que" 65.000 nouvelles demandes d'asile cette année – un chiffre stable par rapport à 2014 – alors que les dossiers s'accumulent en Allemagne, qui prévoit d'accueillir, elle, près d'un million de réfugiés.

L’Allemagne, mais aussi la Suède ou le Royaume-Uni, figurent en effet dans le trio de tête des pays qui intéressent les migrants. La France, elle, ne fait pas rêver. "C'est bien pour visiter, mais pas pour l'emploi" résume Abdulrahman, un Syrien de 26 ans croisé par un journaliste de l’AFP dans une gare suédoise.

À LIRE AUSSI >> La frontière serbo-hongroise fermée, par où les migrants peuvent-ils passer pour rejoindre l'Europe occidentale ?

De nombreux griefs

Outre le taux de chômage, supérieur à 10 %, les demandeurs d'asile pointent l'interdiction de travailler pendant l’étude de leur dossier, qui prend au minimum neuf mois, souvent plus. "La France, c'est pas bon pour mon futur, en plus ça n'a pas la réputation de donner facilement un permis de séjour", explique ainsi Edward un Irakien de 24 ans, qui attend à Stockholm un bateau pour la Finlande.

Autre difficulté mise en avant : l'hébergement. Seul un tiers des demandeurs d'asile sont logés dans des structures dédiées et il n'existe quasiment rien pour ceux qui décrochent le titre de réfugiés. De nombreux migrants se retrouvent alors soit à la rue, soit dans des squats insalubres.

À LIRE AUSSI
>>
Migrants : une semaine d'intox sur Internet #1
>>
Une semaine d'intox sur Internet #2

Le discours politique français égratigné

Pour "soulager" l'Allemagne, le chef de l'Etat a proposé, il y a deux semaines, d'aller chercher un millier de Syriens et d'Irakiens arrivés à Munich et de les transférer dans l'Hexagone. Des agents français sont allés sur place, mais ils n'ont réussi à convaincre que 600 personnes de monter dans des bus pour la région parisienne.

Une anecdote qui illustre deux choses, pour la Tribune de Genève : la passivité de François Hollande concernant l’accueil des migrants mais aussi le manque d'attractivité de la France, qui n'est pas perçu par les réfugiés comme dynamique économiquement. Dans son édito cinglant , le quotidien suisse raille l’attitude de la classe politique française : "La gauche fait semblant d’être généreuse alors qu’elle ne l’est pas [...] Les droites françaises se disputent, elles, la palme de la petitesse [et] moulinent la désinformation et la peur avec un aplomb déshonorant [...] La réalité, elle, montre que Syriens, Irakiens et Érythréens s’arrêtent à Munich ou rêvent de Londres lorsqu’ils sont bloqués à Calais dans le bidonville de la République".

À LIRE AUSSI >> Migrants : à quelles allocations ont-ils vraiment droit ?

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Covid-19 : comment transformer son pass sanitaire en pass vaccinal ?

EN DIRECT - Covid-19 : près de 390.000 cas positifs en 24h, nouvelle hausse des contaminations

Qui était Jean-Jacques Savin, décédé en voulant traverser l'Atlantique à la rame ?

A l'hôpital, un quart des patients positifs au Covid-19 ont été admis pour un autre motif

"Plus de 50% de la viande consommée en France" est-elle halal ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.