Pourquoi la France ne reconnaît pas (encore) l'Etat de Palestine

Pourquoi la France ne reconnaît pas (encore) l'Etat de Palestine

DIPLOMATIE - La Suède a annoncé vendredi qu'elle reconnaîtrait l'Etat de Palestine. Une première pour un pays occidental, de surcroît membre de l'Union européenne. Une reconnaissance qui figurait pourtant parmi les engagements du candidat François Hollande en 2012. Mais depuis la déclaration suédoise, la diplomatie française n'a pas réagi.

C'est une première. La Suède a annoncé vendredi qu'elle va reconnaître l'"État de Palestine". C'est son nouveau Premier ministre Stefan Löfven, élu le mois dernier, qui est à l'origine de cette déclaration fracassante. "Une solution à deux Etats suppose une reconnaissance mutuelle et la volonté d'une coexistence pacifique", a-t-il déclaré lors de son discours de politique générale. Si la Suède va au bout de ce processus de reconnaissance, ce serait une première pour un pays occidental membre de l'Union européenne (UE), sur un total de 112 Etats qui ont déjà reconnu la Palestine.

Et la France dans tout ça ? Comme ailleurs, le sujet est sensible - Paris n'a d'ailleurs toujours pas réagi à l'annonce suédoise. Jusqu'à présent, la ligne des grands pays européens consiste à ne pas accorder de reconnaissance de l'Etat de Palestine avant la conclusion d'un accord de paix définitif entre l'Autorité palestinienne et Israël. Actuellement, si la France ne reconnaît donc pas un Etat, elle légitime l'Autorité palestinienne, du nom de l'entité gouvernementale qui représente les habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza, présidée par Mahmoud Abbas.

Un ambassadeur sans pays

De Charles De Gaulle et la mise en place d'une "politique arabe de la France" à Jacques Chirac, qui avait répété son attachement à la création d'un Etat, des positions fortes ont été prises en faveur des Palestiniens. Mais en 2005, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste, a pris le contrôle de la bande de Gaza, bouleversant la diplomatie française. Paris estime "ne pouvoir entretenir aucun contact avec le Hamas tant que les trois conditions du Quartette (renonciation à la violence, reconnaissance du droit d'Israël à exister, reconnaissance des accords signés entre Israël et l'OLP) n'auront pas été remplies". Et la constitution, en juin dernier, d'un gouvernement d'union, incluant des ministres du Hamas afin de gérer l'ensemble des Territoires palestiniens, a encore brouillé les cartes.

Cependant, les lignes bougent, doucement. En 2010, le statut de la Délégation générale de Palestine en France a été rehaussé pour devenir la Mission de Palestine, avec à sa tête un ambassadeur, qui n'a pourtant pas de pays officiel. Quant à François Hollande, il s'est montré très clair dans son programme présidentiel. Proposition 59 : "Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l'Etat palestinien." Au mois d'août dernier, lors de la Conférence des ambassadeurs, Laurent Fabius s'est, lui, aussi exprimé sans fard. "Il faudra bien, à un moment, reconnaître l'Etat palestinien", avait déclaré le ministre des Affaires étrangères. Reste à savoir quand.

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