Pourquoi la Turquie bombarde-t-elle d'avantage les Kurdes que l'Etat islamique ?

Pourquoi la Turquie bombarde-t-elle d'avantage les Kurdes que l'Etat islamique ?
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IRAK - Depuis deux semaines, Ankara mène des raids aériens visant les bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qu'elle considère comme une organisation terroriste. Environ 260 combattants de la guérilla kurde ont été tués, affirme une agence gouvernementale turque. Une manière de placer le mouvement au même rang que le groupe Etat islamique.

Octobre 2014. L'aviation américaine affirme avoir largué des armes et des munitions aux combattants kurdes qui se battent face à l'Etat islamique pour Kobané, au nord de la Syrie. La ville devient le symbole de la résistance face aux djihadiste. Au point que la Turquie ouvre sa frontière aux Kurdes, notamment ceux implantés en Irak, voulant défendre la région.

Délégitimer le PKK

Le 23 juillet, Ankara franchit un pas supplémentaire en acceptant de participer aux frappes pour lutter contre Daech et d'ouvrir ses bases à la coalition . Quelques heures plus tard, la même Ankara décide de bombarder les bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu'elle considère comme une organisation terroriste. La Turquie affirme alors que le PKK et Daech sont à mettre sur le même plan.

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En 1984, Abdullah Ocalan, militant kurde, fonde le PKK. L'objectif: engager une lutte armée pour obtenir la création d'un Etat kurde indépendant pour un peuple établi sur près d'un demi-million de kilomètres carrés en Turquie, en Iran, en Irak et en Syrie. La Turquie va elle mener une politique de la terre brûlée, qui va contraindre à l'exil 2 à 3 millions de personnes. Après plusieurs tentatives de paix, ce n'est qu'en 2013 qu'un accord est conclu, censé mettre fin à la lutte.

Après Kobané, "les autorités turques ont très bien compris l’enjeu en disant qu’il n’était pas question que ça puisse être le début d’une idée d’autonomie kurde", explique sur RFI Frédéric Pichon, spécialiste de la Syrie. D'autant que ces raids contre le PKK interviennent un mois après que les forces kurdes syriennes ont pris à l'EI la ville frontière de Tal Abyab , privant ainsi les djihadistes d'un important accès à la frontière turque. En clair, Ankara veut briser toute ambition d'indépendantisme.

Eloigner le champs de bataille des civils

Depuis le début de ces frappes, environ 260 combattants kurdes auraient été tués, affirme l'agence gouvernementale turque Anatolie. Une offensive telle que le président de la région autonome du Kurdistan a appelé samedi les rebelles du PKK à quitter le territoire. "Le PKK doit éloigner son champ de bataille de la région du Kurdistan irakien pour que les civils ne deviennent pas des victimes de cette guerre", a indiqué, dans un communiqué, Massoud Barzani, le chef du Parti démocratique du Kurdistan, qui, malgré des désaccords avec le PPK, avait autorisé les rebelles à établir leurs camps dans les montagnes du Kurdistan irakien.

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Touchés par l'avancée des djihadistes dans leur pays, des centaines de milliers de Syriens ont trouvé refuge dans le Kurdistan irakien, dans des conditions difficiles. En Syrie, près de 300.000 personnes ont fui les combats.

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