Premier discours de Donald Trump devant le Congrès : ce qu'il faut retenir

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ETATS-UNIS - Donald Trump a promis mardi soir lors de son premier discours face au Congrès une série de réformes d'envergure, en particulier sur la fiscalité, et une plus grande fermeté sur l'immigration, synonyme selon lui de sécurité et d'emploi.

"Mon boulot ne consiste pas à représenter le monde. Mon boulot consiste à représenter les Etats-Unis", a lancé le président américain. Donald Trump a salué mardi soir lors de sa première allocution face au Congrès l'émergence d'une "nouvelle fierté nationale" à travers les Etats-Unis, promettant plus de fermeté sur l'immigration, synonyme selon lui de sécurité et d'emploi. Loin de la tonalité très sombre de son discours d'investiture, le 45e président des Etats-Unis a décliné sur un registre plus présidentiel qu'à l'habitude ses priorités pour donner corps à un engagement central : "Donner la priorité aux Américains".


Le président Trump a souligné sa volonté de se concentrer sur les questions touchant directement les citoyens, sans toutefois omettre d'affirmer le soutien des Etats-Unis à l'Otan, en ajoutant que les alliés devaient débourser davantage pour leur défense : "Nous voulons l'harmonie et la stabilité, par la guerre et les conflits".


"Un nouveau chapitre de la grandeur américaine débute", a-t-il affirmé dans l'hémicycle de la Chambre des représentants au Capitole, où siégeaient également sénateurs, ministres et juges de la Cour suprême. "Nous assistons au renouveau de l'esprit américain". Sous les applaudissements et ovations des élus républicains, Donald Trump a principalement repris ses grands thèmes de campagne, promettant de ramener "des millions d'emplois", dénonçant des accords de libre-échange défavorables à l'Amérique, et faisant de la lutte contre la criminalité une priorité. Il a bien entendu rappelé ses projets principaux : construction d’oléoducs, érection du mur à la frontière mexicaine ou encore lutte contre le "terrorisme islamique radical".

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Donald Trump devant le Congrès : "Mon boulot consiste à représenter les États-Unis"

Un système d'immigration basé sur le mérite

Donald Trump a longuement promis une extrême fermeté aux frontières, l'un de ses principaux thèmes de campagne. "En appliquant enfin nos lois sur l'immigration, nous augmenterons les salaires, aiderons les chômeurs, économiserons des milliards de dollars et renforcerons la sécurité de nos communautés", a-t-il lancé. Afin d'illustrer sa ligne dure contre l'immigration clandestine, Donald Trump avait invité deux veuves de policiers californiens tués en 2014 par un clandestin.


Sans aborder directement la question de la régularisation des sans-papiers, il a proposé d'"abandonner le système actuel d'une immigration peu qualifiée et adopter à la place un système basé sur le mérite" qui permettra selon lui d'"économiser énormément d'argent", a affirmé Donald Trump, avant de marteler avec force sa détermination à lutter contre l'immigration clandestine, qu'il a liée avec la criminalité aux Etats-Unis. 


Il a notamment indiqué avoir ordonné la création d'un bureau spécial pour les victimes de crimes d'"immigration" baptisé VOICE (Victims Of Immigration Crime Engagement). Donald Trump a également rendu hommage à des Américains invités à assister à son discours et dont des proches ont été tués "par des immigrés clandestins" qui avaient un casier judiciaire. La signature d'un nouveau décret sur l'immigration après l'échec du premier qui a été bloqué par la justice, pourrait intervenir dès mercredi.

Un "grand" mur pour "bientôt" à la frontière mexicaine

Lorsqu'il évoquait l'immigration, Trump en a d'ailleurs profité pour en remettre une couche sur le mur qu'il comptait ériger à la frontière mexicaine, sa promesse de campagne la plus emblématique. Il a rappelé que la construction allait débuter "bientôt". "Nous devons rétablir l'intégrité et l'application de la loi à nos frontières. Pour cette raison, nous allons bientôt commencer la construction d'un grand, grand mur le long de notre frontière sud", a-t-il indiqué. Et ce malgré la crise diplomatie actuellement en cours entre Washington et Mexico.

"Remplacer" l'Obamacare

Donald Trump a ensuite demandé au Congrès de promulguer une loi pour "remplacer" Obamacare, la loi sur la santé portée par son prédécesseur Barack Obama. "J'appelle ce Congrès à abroger et à remplacer Obamacare avec des réformes qui étendront le choix, donneront un meilleur accès (aux soins) et réduiront les coûts", a-t-il assuré. La réforme du système de santé américain, emblématique sous la présidence Obama, est menacée depuis toujours par le milliardaire américain. Ce dernier avait d'ailleurs fait de l'abrogation du texte l'une de ses promesses de campagne.

Une réforme fiscale "historique"

Très attendu sur l'économie, Donald Trump a promis devant les élus une réforme fiscale "historique" qui se traduira par une baisse "massive" des impôts pour la classe moyenne et permettrait aux entreprises de "concurrencer n'importe qui". "Nous devons faire redémarrer le moteur de l'économie américaine et faire en sorte qu'il soit plus facile pour nos entreprises de faire des affaires aux Etats-Unis et plus difficile pour elles de partir", a-t-il martelé. 


Proposant un vaste plan d'investissements dans les infrastructures, qui devait se heurter à l'opposition de nombre d'élus républicains, il a déploré que son pays ait dépensé "des milliards et des milliards de dollars à l'étranger" alors que ses infrastructures sont dans un "état déplorable". Dans ce discours servant aussi de prélude à la bataille pour le budget 2018 qui s'ouvre dans un Congrès contrôlé par ses alliés républicains, il leur a demandé de voter la hausse historique des dépenses militaires qu'il appelle de ses voeux (54 milliards de dollars, soit près de 10%).

Mille milliards de dollars pour les infrastructures

Le président américain a ainsi promis de consacrer mille milliards de dollars d'investissements publics et privés pour remettre à niveau les infrastructures américaines. "Pour lancer la reconstruction du pays, je vais demander au Congrès d'approuver une législation qui déclenchera des investissements de mille milliards de dollars pour les infrastructures aux Etats-Unis, financés grâce à des capitaux à la fois publics et privés, et créera des millions d'emplois", a-t-il déclaré lors d'un discours devant le Congrès.


"L'Amérique a dépensé environ six mille milliards de dollars au Moyen-Orient alors que les infrastructures chez nous se délitent. Avec ces six mille milliards de dollars nous aurions pu reconstruire notre pays deux fois, et même trois fois si nous avions eu des dirigeants qui avaient la capacité de négocier", a-t-il ajouté, sans toutefois donner davantage de détails sur les modalités de ce plan d'investissements.

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