Près de 100.000 morts aux Etats-Unis : la Une choc du New York Times

La Une du 24 mai du New York Times est entièrement consacrées aux victimes du coronavirus
International

"PERTE INCOMMENSURABLE" - Le quotidien américain New York Times a rendu hommage, à sa manière, aux près de 100.000 morts du Covid-19 aux Etats-Unis. Ce dimanche, il a mentionné les noms de 1000 victimes en première page.

Avec près de 100.000 morts (97.000 décès ce dimanche) pour 1,6 million de cas, les Etats-Unis sont le pays le plus touché par l'épidémie de coronavirus. Pour illustrer cette catastrophe, le quotidien américain The New York Times a consacré la Une de son édition du dimanche 24 mai aux défunts de l'Amérique, anonymes ou non, et emportés par la Covid ; avec comme unique titre “Les États-Unis approchent les 100.000 morts, une perte incommensurable”.

"Ces 1.000 personnes ici ne représentent qu'à peine 1% du total. Aucune d'elles n'était un simple numéro", écrit le quotidien américain en introduction de sa Une. Le journal a sobrement publié une liste de 1000 disparus, avec simplement leur âge, leur lieu de résidence et un signe particulier. "Joe Diffie, 62 ans, Nashville, star de la musique country distingué par un Grammy" ; "Lila A. Fenwick, 87 ans, New York City, première femme noire diplômée de la Harvard Law School" ; "Myles Coker, 69 ans, New York City, remis en liberté après avoir été condamné à la prison à vie" ; "Ruth Skapinok, 85 ans, Roseville, Californie, les oiseaux du jardin venaient manger dans sa main" ; "Jordan Driver Haynes, 27 ans, Cedar Rapids, Iowa, jeune homme généreux avec un sourire enchanteur". 

Une manière de démontrer que le coronavirus touche tout le monde en Amérique, sans distinction sociale ou d'âge. “Les chiffres, à eux seuls, ne peuvent pas quantifier l’impact du coronavirus sur l’Amérique. Que ce soit le nombre de patients traités, les emplois perdus, les vies arrivées prématurément à terme”, écrit le quotidien. "Je voulais quelque chose que les gens puissent relire dans 100 ans ans pour comprendre le poids de ce que nous traversons", explique le rédacteur en chef Marc Lacey.

Pendant ce temps, Trump joue au golf

Cette Une du New York Times a été rapidement mise en parallèle avec des tweets de Donald Trump postés ce week-end. Le  président des Etats-Unis écrit dans un message  :"Transition vers la grandeur", reprenant un slogan prononcé le mardi 19 mai lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Il considérait alors que l'économie américaine était dans une "transition vers la grandeur" et prédisait une année "formidable" l'année prochaine.

Un dessinateur s'est amusé à recouvrir la Une du New York Times avec un dessin de Donald Trump jouant au golf. Le président s'apprête à frapper une balle, juché sur un tas de cadavres dissimulés sous un tapis. Un balais évoque ce qui est considéré comme une volonté de cacher l'état réelle de la crise sanitaire. 

Car d'après une photo publiée par un journaliste de CNN, le 23 mai, Donald Trump se trouvait dans son golf situé en Virginie.

Toute l'info sur

Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

"On s’attend à un raz- de-marée" : comment Pôle emploi peut faire face à la vague de chômeurs ?

Sauf qu'un ancien tweet de Donald Trump refait surface. En octobre 2014, l'actuel locataire de la Maison Blanche fustigeait son prédécesseur dans un contexte similaire. "Pouvez-vous croire qu'avec tous les problèmes et difficultés auxquels sont confrontés les États-Unis, le président Obama a passé la journée à jouer au golf, pire que Carter." A cette époque, l'ancien président démocrate avait boudé une réunion consacrée à l'épidémie d'Ebola à New York alors que deux premiers cas étaient recensés dans le pays. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent