L'élection "loin d'être terminée" pour Trump : quels recours Biden va-t-il devoir affronter ?

L'élection "loin d'être terminée" pour Trump : quels recours Biden va-t-il devoir affronter ?

ÉLECTION AMÉRICAINE - Si le candidat démocrate est donné vainqueur de la présidentielle, Donald Trump estime qu'on lui vole la victoire et annonce une bataille judiciaire. Quels recours Joe Biden doit-il désormais affronter ?

Cette fois, c'est fait. Après plusieurs jours de dépouillement dans les swing states, Joe Biden a franchi ce samedi la barre décisive des 270 grands électeurs, selon les grands médias américains, et deviendra le 20 janvier prochain le 46e président des États-Unis. Mais le 45e, Donald Trump, ne l'entend pas de cette oreille. "Cette élection est loin d'être terminée", a-t-il martelé dans un communiqué après l'annonce de sa défaite, proférant une nouvelle fois des accusations de fraude sans aucun élément concret à l'appui, et donnant rendez-vous à ses adversaires lundi : "Notre équipe va commencer à porter nos dossiers devant les tribunaux pour s'assurer que les lois électorales soient pleinement respectées et que le vrai vainqueur soit proclamé".

De son côté, son avocat personnel Rudy Giuliani a assuré que le président sortant n'allait "évidemment" pas reconnaître sa défaite "alors qu'il y a au moins 600.000 bulletins contestés". Si, disons le d'entrée, ils ne semblent pas en mesure de peser sur l'issue du scrutin, quels recours Joe Biden doit-il désormais affronter ?

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Les votes recomptés dans certains États

Dans certains États, l'écart de voix entre les deux hommes se tient dans un mouchoir de poche. En Géorgie, l'un des trois Etats
- avec l'Alaska et la Caroline du Nord - où le vainqueur n'a poas encore été déclaré, l'avance de Joe Biden n'est que de quelques milliers de votes. En pourcentage, le président sortant et son successeur sont même à quasi-égalité. La règle locale y est claire : lorsque les deux candidats sont séparés par moins de 0,5% des bulletins, alors un nouveau comptage des voix doit être effectué. C'est ce que les dirigeants de l'État de Géorgie ont annoncé dès jeudi soir.

Mais Donald Trump lui-même peut demander à recompter les voix dans les États où il le souhaite, si celui-ci n'est pas automatique. "S'il y a 1% d'écart entre Donald Trump et Joe Biden, chaque candidat peut demander un recomptage", expliquait jeudi Laurence Haïm, consultante États-Unis de LCI. Une stratégie dont pourrait user le président sortant, tant l'avance de Joe Biden dans les États-clés, qui lui ont donné la victoire, ne se compte qu'en dizaines de milliers de voix. On sait déjà notamment qu'il veut demander un recomptage dans le Wisconsin, où il n'est distancé que de 0,6 point.

Dans son communiqué diffusé samedi, Donald Trump insiste d'ailleurs sur le fait que  la victoire de son rival n'a été "certifiée" dans "aucun Etat", notamment "les Etats très contestés qui se dirigent vers des recomptages automatiques" ou ceux "où notre équipe a des contestations judiciaires valables et légitimes qui peuvent décider du vainqueur final". 

Des recours jusqu'à la Cour suprême ?

En outre, depuis plusieurs mois, Donald Trump met en garde contre les votes par correspondance, qui faciliteraient, selon ses dires, la fraude. Cette année, cette façon de voter a explosé les compteurs, en raison notamment de la crise sanitaire. Ces bulletins, dépouillés en dernier, sont la plupart du temps favorables au camp démocrate, ses électeurs étant plus présents dans les grandes métropoles, ce qui explique l'avance qu'avait Donald Trump dans certains États... avant de la perdre suite au dépouillement des votes par correspondance.

Dès mercredi matin (en France), quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, le candidat républicain menaçait de saisir la justice contre ces bulletins. "Nous voulons que la loi soit bien utilisée, nous ferons un recours devant la Cour suprême, nous voulons interrompre le vote, qu'ils ne trouvent pas des bulletins à 4 heures du matin pour les rajouter de manière frauduleuse", avait-il indiqué.

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Problème, la Cour suprême, à majorité républicaine, ne s'est pas prononcée en défaveur de la prise en compte des bulletins arrivant après le jour du vote. Appelée à s'exprimer sur le sujet des votes par correspondance en Pennsylvanie, en octobre dernier, la plus haute instance du pays n'avait pas bloqué ce processus, malgré le souhait du camp républicain. Les autorités de Pennsylvanie avaient toutefois alors ordonné de comptabiliser ces bulletins séparément, au cas où ils seraient invalidés ultérieurement. 

Ces derniers jours, alors que la Pennsylvanie s'est révélée être l'Etat décisif du scrutin, les républicains ont assuré que certains bureaux de vote de l'Etat ne suivaient pas ces consignes et se sont de nouveau tournés vers la Cour suprême. Un de ses juges, le très conservateur Samuel Alito, leur a donné un motif de satisfaction vendredi soir en ordonnant à tous les bureaux de Pennsylvanie de s'y plier. Mais même si le camp Trump parvenait à obtenir l'invalidation de ces votes, il est peu probable que cela empêche la victoire de Joe Biden, car le nombre de bulletins concernés semble bien en deçà de son avance dans cet Etat (37.000 voix).

Le 8 décembre, date butoir

Quoi qu'il en soit, la contestation juridique du 45e président des États-Unis ne devrait pas durer des mois. Selon la Constitution américaine, un délai de cinq semaines après le vote est prévu pour que celui-ci soit discuté et éventuellement remis en cause. Pas plus. Ce qui laisse à Donald Trump jusqu'au 8 décembre pour parvenir à ses fins, au plus tard.

Un calendrier serré, car le protocole électoral est déjà fixé. Le 14 décembre, les grands électeurs, en respectant le vote des citoyens de leurs États respectifs, désigneront le président des États-Unis, à savoir Joe Biden. Le mandat de Donald Trump se termine, lui, le 20 janvier, date à laquelle le démocrate doit prendre ses fonctions à la Maison Blanche et prêtera serment.

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