Présidentielle américaine : comment les impôts de Trump ont peu à peu empoisonné son mandat

Présidentielle américaine : comment les impôts de Trump ont peu à peu empoisonné son mandat
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ETATS UNIS - Depuis sa prise du pouvoir, Donald Trump s'est toujours refusé à dévoiler ses déclarations fiscales. Les critiques et bribes d'informations sur le sujet ont émaillé son mandat... jusqu'au révélations du New York Times. Dimanche, le quotidien a assuré que le président avait payé très peu d'impôts ces vingt dernières années.

"Quand je publierai ma déclaration financière (…), elle ne prouvera qu'une chose : que je suis beaucoup plus riche que ce que les gens pensaient." En novembre 2019, Donald Trump claironnait haut et fort qu'il était en règle vis-à-vis de l'IRS, le fisc américain, malgré les soupçons des démocrates et des juges. Ces derniers en sont persuadés : le président cache quelque chose. Un sentiment renforcé ce lundi par les révélations du New York Times, qui révèle que le président n'a payé que 750 dollars d'impôts fédéraux en 2016 et en 2017, et n'a payé aucun impôt durant 10 des 15 années précédentes. Un épisode de plus dans une saga qui a débuté après l'élection du magnat de l'immobilier à la Maison Blanche.

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Le candidat Trump déjà épinglé durant sa campagne en 2016

Depuis que le milliardaire s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle, en 2015, il refuse de publier ses déclarations d'impôts. De facto, les spéculations sur sa fortune reviennent régulièrement… jusqu'au mois d'octobre 2016, quelques jours avant l'élection visant à le départager d'Hillary Clinton. Le New York Times révèle en effet que le candidat républicain a déclaré près d'un milliard de dollars de pertes en 1995, ce qui lui aurait permis légalement d'échapper à l'impôt sur le revenu pendant près de 20 ans. Quelques semaines plus tard, le quotidien, après avoir épluché les documents légaux publiés lors de la mise en faillite des casinos Trump, affirme que le milliardaire a utilisé des méthodes "douteuses" pendant les années 1990 pour diminuer son ardoise fiscale. Lors du premier débat présidentiel, Donald Trump avait déclaré que payer moins d'impôts était une preuve d'intelligence.

Des manifestations en avril 2017 pour le pousser à publier ses déclarations

Quelques mois après l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, des milliers de personnes se rassemblent dans plusieurs villes américaines pour l'appeler à rendre publiques ses déclarations de revenus et d'impôts. Et pour cause : tous les présidents et candidats à la Maison Blanche récents ont publié une ou plusieurs années de déclarations fiscales, une tradition qui vise à identifier d'éventuels conflits d'intérêts. Problème, la loi n'oblige que la publication d'une déclaration financière qui donne une approximation du patrimoine, des dettes et des revenus, mais ne permet pas par exemple de vérifier le montant des impôts réglés…

Avril 2019 : la justice s'empare de la polémique

Le bras de fer entre le président et ses détracteurs prend une tournure judiciaire : un procureur new-yorkais demande à l'ancien cabinet comptable du président, Mazars, de lui fournir huit ans (2011 à 2018) de ses déclarations d'impôts dans le cadre d'une enquête sur un versement effectué à l'actrice X Stormy Daniels. Ce paiement, destiné à acheter le silence de la jeune femme sur une liaison supposée avec le milliardaire et effectué pendant la campagne de 2016, pourrait avoir violé les lois de financement des campagnes électorales. En parallèle, des commissions de la Chambre des représentants - où les démocrates sont majoritaires – demandent toute une série de documents financiers couvrant la même période dans des injonctions adressées au cabinet Mazars, mais aussi aux banques Deutsche Bank et Capital One. Se posant en victime d'une "chasse aux sorcières", Donald Trump saisi alors la justice pour bloquer ces injonctions. Après avoir perdu en première instance et en appel, il se tourne vers la Cour suprême.

Juillet 2019, la Cour suprême inflige un revers au président

La Cour suprême des Etats-Unis inflige un revers à Donald Trump, en jugeant qu'un procureur new-yorkais était en droit de réclamer les archives comptables du président américain, y compris ses déclarations d'impôt. Si la Cour bloque à ce moment là leur transfert au Congrès, ces deux décisions battent en brèche la large conception qu'a Donald Trump de son immunité présidentielle. Mais surtout, elles ne permettent pas aux citoyens américains d'en savoir plus sur ses finances avant la présidentielle du 3 novembre. "D'un côté je suis satisfait, de l'autre je ne le suis pas", commente alors le milliardaire républicain après la publication des deux arrêts rendus à une majorité de sept juges sur neuf. "Il va falloir tout recommencer à zéro", déplore-t-il depuis la Maison Blanche, en se disant à nouveau victime d'une "chasse aux sorcières politique".

Septembre 2020, des révélations explosives à la veille des élections

A la veille de son premier débat face à Joe Biden, Donald Trump se voit infliger un camouflet par le New York Times : selon le quotidien, il n'a payé que 750 dollars d'impôts fédéraux en 2016, l'année de son élection à la Maison Blanche, puis autant en 2017, et n'a payé aucun impôt durant 10 des 15 années précédentes. Comment cela s'explique-t-il ? Selon le quotidien new-yorkais, Donald Trump a échappé à l'impôt "en grande partie car il a déclaré plus de pertes d'argent que de gains".

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Au sein de la nébuleuse de sociétés dirigées par le magnat des affaires, de nombreuses d'entre elles ont en effet déclaré des pertes importantes, dont ses clubs de golf. Le président américain a balayé ces révélations du New York Times : des "informations bidon, totalement inventées", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Et d'ajouter : "J'ai payé beaucoup, et j'ai payé beaucoup d'impôts sur le revenu au niveau de l'Etat aussi, l'Etat de New York taxe beaucoup".

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