Présidentielle : "Bouteflika va parler aux Algériens"

Présidentielle : "Bouteflika va parler aux Algériens"

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INTERVIEW - Candidat à un quatrième mandat consécutif, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, malade, n'a pourtant pas fait d'intervention publique depuis presque deux ans. Parmi les sept proches qui s'occupent de faire campagne pour lui, metronews a rencontré Amara Benyounès, ministre de l'Industrie.

Comment va le président Bouteflika ?
Il va bien ! Très sérieusement, il va de mieux en mieux. Il m'a reçu il y a une quinzaine de jours avec le vice-Premier ministre portugais, nous sommes restés ensemble 1h30. Il a aussi reçu la semaine dernière le secrétaire d'Etat américain. Et je le répète : il va gérer l’Algérie avec sa tête, pas avec ses pieds !

Mais il n'a pas réuni le Conseil des ministres cette année, et peu de fois l'an dernier : est-il toujours réellement aux manettes ?
L'an dernier, il est resté 80 jours à Paris pour être soigné, puis il a eu une période de convalescence. Il n'a en effet tenu que deux ou trois Conseils des ministres mais le gouvernement fonctionne. Contrairement à la France, nous avons aussi un conseil du gouvernement, présidé par le Premier ministre, et celui-ci se tient tous les mercredis. Toutes les affaires de l'Etat sont gérées.

Comment néanmoins convaincre un peuple qu'on est apte à gouverner si l'on n'est pas capable d'aller lui parler directement ?
Nous faisons confiance au peuple algérien : s'il voit que le Président est un impotent ou qu'il a perdu ses facultés mentales, il ne votera pas pour lui. Mais c'est le peuple qui décidera, le 17 avril, et non les médias ou les politiciens.

Après 15 années de pouvoir et en étant si affaibli, pourquoi faut-il encore absolument selon vous que le président Bouteflika soit réélu ?
Toute la région est totalement déstabilisée. Il y a de graves problèmes à la frontière sud avec le Mali, à la frontière libyenne, la Tunisie commence à peine à se remettre... Donc nous, instinctivement, pensons qu'avec son expérience, le seul qui est capable de garantir la sécurité de notre pays et la stabilité dans notre région, c'est le président Bouteflika. Et sans sécurité ni stabilité, il n'y a ni démocratie ni développement, nous l'avons vécu dans les années 1990. Je ne le considère pas comme un homme providentiel mais, dans la situation actuelle, c'est le meilleur de très loin.

La population algérienne est jeune : que lui dites-vous pour l'inciter à voter Bouteflika ?
Il y a déjà un bilan. Le président Bouteflika s'était engagé sur trois piliers. D'abord, le rétablissement de la paix et de la stabilité : je pense que tout le monde reconnaît qu'il a réussi. Ensuite, la réhabilitation de l'Algérie sur la place internationale : aujourd'hui, l'Algérie est la plus grande puissance régionale en Afrique du Nord. Enfin, la relance économique, qu'il faut approfondir : c'est notre engagement pour les cinq prochaines années.

Avec quel programme économique ?
Nous avons un double défi à relever. Pendant longtemps, nous avons été une économie centralisée, bureaucratique, donc il faut d'abord passer à l'économie sociale de marché. Le deuxième défi, encore plus important, c'est l'évolution d'une économie de rente pétrolière vers une économie de production. Nous avons donc entamé une vraie politique de réindustrialisation. Notre objectif : faire passer le secteur non-pétrolier de 4-5% à 10-15% du PIB dans les cinq prochaines années. Enfin, pour enrayer le fléau du chômage des jeunes, il faut mettre plus en adéquation le système éducatif avec la demande des entreprises.

Et sur le plan démocratique ?
Le Président s'est engagé à faire voter une nouvelle Constitution. L'Algérie connaît un certain nombre de débats à ce sujet : Quel type de régime ? Quels équilibres entres les différents pouvoirs ? Faut-il limiter ou non du nombre de mandats ? Le président n'a pas tranché mais il a promis une nouvelle Constitution, qui sera soumise à un référendum.

Est-ce qu'une modification du Code de la famille, qui régit notamment la place des femmes dans la société algérienne, est également prévue ?
Il a déjà été modifié sur quelques points en 2004. Un quota en matière de représentation féminine dans toutes les institutions de l'Etat a également été imposé, ainsi qu'un minimum de 30% de femmes sur toutes les listes électorales. Mais le programme du président Bouteflika ne prévoit pas de réforme du Code de la famille.

Abdelaziz Bouteflika parlera-t-il au peuple algérien avant l'élection ?
Il va parler, bien sûr.

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