Présidentielle Brésil 2014 : qui est Marina Silva, la "nouvelle Obama" ?

Présidentielle Brésil 2014 : qui est Marina Silva, la "nouvelle Obama" ?
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BRESIL - Dans la course à la présidence du Brésil, Marina Silva représente une grande menace pour Dilma Roussef. Retour sur le parcours d'une candidate surprise, décrite comme souvent la "nouvelle Obama".

13 août 2014. Eduardo Campos, représentant du Parti Socialiste Brésilien (PSD) et principal opposant à Dilma Roussef aux élections présidentielles, meurt dans un accident d'avion . Propulsée dans une campagne où on ne l'attendait pas, sa discrète colistière Marina Silva est désignée pour le remplacer au pied levé. Ce jour-là, au dernier moment, elle avait préféré ne pas monter dans l'avion. Étrange coup du sort pour cette femme afro-brésilienne de cinquante-six ans née à Rio Branco dans l'État d'Acre, au nord du pays.

Orpheline à seize ans, Marina Silva travaille d'abord comme femme de ménage, en parallèle de ses études d'histoire. Elle place tous ses espoirs dans la religion – c'est une fidèle de l'Assemblée de Dieu, église pentecôtiste très puissante au Brésil, et dans l'écologie – elle dirige très tôt des manifestations contre la déforestation. Deux combats qui ne quitteront pas la femme politique qu'elle est devenue depuis.

EN SAVOIR + >> Le crash d'avion du candidat à la présidentielle

Dès 1985, Marina Silva débute sa carrière politique au sein du Parti des Travailleurs (PT), groupe qu'elle combat férocement aujourd'hui. En 2003, elle est nommée ministre de l'Environnement durant le premier mandat de Lula. La sauvegarde de la forêt d'Amazonie est son premier cheval de bataille. Cinq ans plus tard, isolée à l'intérieur du PT, elle finit par rejoindre le Parti vert dont elle porte les couleurs aux élections présidentielles de 2010. Résultat : troisième place du podium au premier tour avec 19,33 % des voix.Un chiffre qui crée la surprise, mais que la candidate voit comme un échec. Elle démissionne et opère alors le troisième tournant de sa carrière. La voilà en 2013 au PSD (parti socialiste brésilien). L'objectif est clair : faire parti du camp des gagnants pour l'élection présidentielle de 2014. Or, le décès de son leader change la donne. Marina Silva court désormais pour sa propre victoire.

Troisième voie

Et à ce jeu, elle se révèle pugnace. Face à Dilma Rousseff (PT) qu'elle accuse d'avoir "commis des erreurs évidentes" sur le plan économique, elle promet une "nouvelle politique". Son programme propose la levée des taxes sur les investissements et une augmentation importante du budget de l’éducation. En projetant de réduire les dépenses publiques, elle souhaite favoriser les programmes d’aide aux familles. Mais si la candidature de celle que les journalistes sur place appellent "l'Obama brésilienne" représente une troisième voie rafraîchissante dans le paysage politique brésilien, Marina Silva n'en demeure pas moins une conservatrice des plus strictes.

Après avoir apporté son soutien au mariage gay, elle fait finalement volte-face sur le sujet. Quant au droit à l'avortement, la candidate, toujours étroitement liée à l'église pentecôtiste, s'y montre farouchement opposée. Rien n'est encore joué cependant. Si depuis le mois d'août, Marina Silva était donnée favorite dans les sondages, c'est Dilma Rousseff qui prend la tête à cinq jours du premier tour.

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