Présidentielle de 2016 : l'équipe de Trump aurait tenté de "dissuader" des électeurs Afro-américains de se rendre aux urnes

Le président américain Donald Trump rentre à la Maison Blanche, le 28 septembre 2020 à Washington.

PRÉSIDENTIELLE - La chaîne de télévision Channel 4 News a diffusé ce lundi 28 septembre une enquête qui fait état de l'utilisation, de la part de l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016, d'une base de données afin d'éloigner certains électeurs des urnes.

C’est un éclairage sur l’élection présidentielle de 2016 qui risque, quatre ans plus tard, de fournir de nouveaux arguments aux détracteurs de Donald Trump. Selon la chaîne de télévision britannique Channel 4 News, son équipe de campagne en charge du numérique aurait usé d’une base de données sur près de 200 millions d’électeurs pour tenter, entre autres, de dissuader des Afro-américains de se rendre aux urnes. 

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Les journalistes, qui ont mené l’enquête diffusée ce lundi 28 septembre affirment avoir eu accès à un fichier où les entrées sont classées en catégories afin de permettre un envoi de publicités ciblées sur les réseaux sociaux. Environ 3,5 millions d’Afro-américains y auraient été labellisés "dissuasion", catégorie où cette communauté était surreprésentée (61% en Géorgie, alors qu’ils représentent 32% de la population de l’Etat). "Cette stratégie a précédé un effondrement du vote noir dans des Etats-clés comme le Wisconsin", affirme l’un des enquêteurs. 

Des accusations démenties par Brad Parscale, directeur de la campagne numérique du candidat républicain. "Je dirais que je suis presque sûr à 100% que nous n'avons mené aucune campagne qui ciblait les Afro-américains", a-t-il déclaré aux journalistes de PBS Frontline. Son équipe travaillait à l’époque avec la société britannique Cambridge Analytica, soupçonnée d’avoir usé de données personnelles d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement. Or, les journalistes de Channel 4 News assurent qu’un document confidentiel atteste que l’entreprise reconnaît avoir ciblé des électeurs noirs.

En bout de chaîne, l’enquête cite des vidéos publiées afin de saper le vote pour la candidate démocrate Hillary Clinton. Dans certaines d’entre elles, vues plusieurs millions de fois sur Facebook, la rivale de Trump est vue qualifiant de jeunes noirs de "super prédateurs". Invité par la chaîne à réagir, le vice-président de la principale organisation de défense des droits civiques, la NAACP, s’est déclaré "choqué" et "troublé". "Nous utilisons des données similaires à un fichier d'électeurs mais pour motiver, persuader et encourager les gens à participer, a réagi Jamal Watkins. Nous n'utilisons pas les données pour dire qui nous pouvons décourager. Cela semble, fondamentalement, être un changement par rapport à la notion de démocratie."

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