Présidentielle en Afghanistan : les talibans multiplient les attaques

Présidentielle en Afghanistan : les talibans multiplient les attaques

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Les insurgés islamistes l'avaient promis et s'y tiennent, à quelques jours du premier tour des élections présidentielles, ils ont de nouveau sévi à Kaboul.

A une semaine de l'élection présidentielle en Afghanistan, un commando de talibans a littéralement assiégé les locaux de la Commission électorale indépendante (IEC) qui doit veiller au bon déroulement du scrutin. L'assaut a duré plusieurs heures, avant que les forces afghanes parviennent à maîtriser les agresseurs.

Pas de victime civile, mais la confirmation du péril

A cinq assaillants près, aucune victime n'est à déplorer a assuré le ministère afghan de l'Intérieur, Sediq Sediqqi, cependant la menace est claire. Les rebelles islamistes ont annoncé une recrudescence des attaques afin de "perturber" cette élection, présentée par les autorités comme essentielle dans le processus de transition démocratique du pays après trois décennies de guerre.

Dès les premières détonations, le personnel de l'IEC s'est réfugié "dans des pièces bunkerisées" a précisé un porte-parole de l'IEC. Le commando d'hommes armés était revêtu de burqas, a indiqué M. Sediqqi, ce qui ne surprendra pas les observateurs. Régulièrement, les insurgés usent en effet de ce subterfuge pour cueillir à froid les forces sécuritaires afghanes.

Durant six heures, les rebelles islamistes ont vidé quantité de chargeurs et tiré plusieurs roquettes avant que les forces afghanes ne parviennent à les mettre hors d'état de nuire, sans faire de quartier. "Ils ont tous été abattus. Quatre cadavres ont été retrouvés, le cinquième attaquant s'étant apparemment fait exploser", a dit le ministère de l'Intérieur, ajoutant que de l'autre côté, deux policiers avaient été "légèrement blessés".

Près de vingt tués en une semaine

"Les employés de l'ONU sont sains et saufs" a dit l'Unama, la mission de l'ONU en Afghanistan dont les locaux se trouvent à proximité du bâtiment attaqué, dans l'est de Kaboul. Après l'attentat, le président afghan Hamid Karzaï s'est aussi exprimé. Il n'est pas question selon lui que cette nouvelle opération des talibans ne dissuade "les Afghans de vouloir construire un avenir meilleur pour leur pays".

Aux commandes, autant que possible, de l'Afghanistan depuis la chute des talibans, M. Karzaï n'est constitutionnellement pas en mesure de candidater à sa propre succession pour un troisième mandat, d'où sans doute un flottement encore plus grand dans la perspective de l'élection du 5 avril et cette recrudescence des violences.

Pas plus tard qu'hier, deux personnes, dont une fillette, ont été tuées lors d'un assaut contre la résidence d'une ONG. Trois jours auparavant, le bilan était de quinze victimes, dont cinq dans un bureau de l'IEC à Kaboul. La liste est encore longue, ainsi, le 20 mars, neuf personnes dont un correspondant de l'AFP, sa femme et ses deux enfants, avaient trouvé la mort au Serena, l'hôtel le plus prestigieux de la capitale afghane.

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