Présidentielle russe : face à Poutine, des candidats triés sur le volet

DirectLCI
LA RUSSIE DE POUTINE - Vladimir Poutine sera opposé à sept candidats lors de la présidentielle du 18 mars en Russie. Sauf que tous (ou presque) ont du recueillir des dizaines de milliers de signatures avant de passer par une Commission électorale.

Ils sont sept. Sept candidats en lice pour l'élection présidentielle en Russie, ce dimanche. Face à eux : Vladimir Poutine, le président sortant, qui brigue un quatrième mandat. Nul doute que ce dernier sorte vainqueur des urnes, lui qui recueille 69% selon les derniers sondages. Il n'empêche, la seule présence de plusieurs candidats est déjà un exploit, tant le système électoral russe semble verrouillé.


Pour prétendre à la fonction suprême, un candidat qui n'est pas issu d'une formation politique disposant d'élus au Parlement doit récolter pas moins de 100 000 signatures de concitoyens. Pour un "indépendant", ce seuil grimpe à 300.000 signatures. Des chiffres considérables, même si les listes électorales comportent environ 109 millions de Russes.

Sept hommes et une femme en lice

Une personne qui parviendrait à recueillir les signatures nécessaires n'est pas au bout de ses peines. Car chaque candidat doit ensuite présenter un dossier auprès d'une Commission électorale. Celle-ci est composée de 15 membres, dont cinq sont nommés par la Douma, cinq par le Conseil de la Fédération, et cinq par… le président de la Russie. Un organe très proche du pouvoir donc, qui fait la pluie et le beau temps au sein des candidats. C'est en tout cas l'avis d'Alexeï Navalny, l'opposant numéro au 1 à Vladimir Poutine, dont la candidature a été rejetée en décembre. Et ce, en raison d'une condamnation judiciaire qu'il dénonce comme montée de toutes pièces.

Au final, sept hommes et une femme se présentent. Deux d'entre eux ont été qualifiés d'office puisque leurs partis sont représentés au Parlement : l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski, et Pavel Groudinine pour le Parti communiste.  Directeur d'une ferme de fruits dont les revenus se comptent en millions de dollars, Pavel Groudinine est le plus populaire des concurrents de Vladimir Poutine, qu'il a soutenu par le passé. Il reste malgré tout loin derrière, à environ 7% d'intentions de vote. Habitué des présidentielles et des déclarations tonitruantes, Vladimir Jirinovski, 71 ans, est le candidat traditionnel du parti d'extrême droite LDPR. Antiaméricain, antilibéral, anticommuniste... Il est considéré par nombre d'observateurs comme un vrai-faux opposant au Kremlin.

Quatre autres candidats auront un bulletin à leur nom. Grigori Iavlinski, l'un des rares hommes politiques d'orientation libérale à avoir un poids en Russie, a fondé le parti Iabloko peu après la chute de l'URSS. Représentant des entrepreneurs en Russie, Boris Titov, lui, s'est lancé dans la course, sans illusions sur le vainqueur à attendre, pour "convaincre Poutine de changer l'économie". Autre candidat : Sergueï Babourine, l'ancien vice-président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Président du parti nationaliste Union du peuple russe, il est peu connu du grand public. C'est également le cas de Maxime Souraïkine, un ancien membre du Parti communiste qui a rompu avec celui-ci avant de fonder en 2012 le parti des Communistes de Russie. Dernier profil et sans doute celui qui détonne le plus dans cette liste masculine : Ksenia Sobtchak. Cette journaliste de télévision proche de l'opposition libérale, ex-star de téléréalité, s'est lancée dans la course avec le slogan "contre tous". 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter