Prêts immobiliers : une amende record de 12 milliards d'euros pour Bank of America

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ÉTATS-UNIS - Bank of America a annoncé jeudi avoir accepté de payer un montant record de 16,65 milliards de dollars. Objectif : mettre fin à des poursuites liées aux "subprime", les crédits immobiliers à risque à l'origine de la crise financière.

Un record dont la Bank of America se passerait volontiers. La banque américaine a accepté jeudi de payer 17 milliards de dollars (12 milliards d'euros), un montant historique, pour mettre fin à des poursuites aux Etats-Unis liées aux "subprimes", les crédits immobiliers à risque à l'origine de la crise financière.

L’accord amiable passé entre la banque américaine et le département de la Justice, des Etats américains et plusieurs régulateurs, qui porte précisément sur 16,65 milliards de dollars, est "le plus gros accord civil de l'histoire avec une entreprise individuelle" et couvre "des conduites mises au jour dans plus d'une dizaine d'affaires et d'enquêtes", a souligné le ministre de la Justice, Eric Holder. Lors d'une conférence de presse à Washington, il a évoqué "une avancée historique dans nos efforts pour protéger le peuple américain de la fraude financière, et pour tenir pour responsables ceux dont les actions ont menacé l'intégrité de nos marchés financiers et sapé la stabilité de notre économie".

"Nous concentrer sur l'avenir"

Les autorités américaines reprochaient à Bank of America la commercialisation avant la crise financière de 2008 de placements complexes, adossés à des crédits immobiliers à risque mais présentés comme des investissements sûrs. Ils ont au final généré des milliards de dollars de pertes pour ceux qui les ont achetés. "C'est un peu comme aller à l'épicerie du quartier pour acheter du lait frais, et découvrir que les employés du magasin savaient qu'il avait été laissé dehors sur une plateforme de chargement, non réfrigéré, pendant toute la journée de la veille, mais ne vous l'ont jamais dit", a commenté un autre responsable du DoJ, Tony West.

L'accord amiable, qui met fin à d'importantes incertitudes liées aux crédits immobiliers, "est dans le meilleur intérêt de nos actionnaires, et nous permet de continuer à nous concentrer sur l'avenir", a estimé son directeur général, Brian Moynihan. Cette analyse semblait partagée à la Bourse de New York où l'action BofA prenait 1,64% à 15,77 dollars vers 15 heures. Joe Morford, un analyste de RBC Capital Markets, relève dans une note que l'accord est plus coûteux qu'initialement anticipé, mais qu'il "retire une importante épée de Damoclès d'au-dessus du titre et ouvre la voie au retour prochain à des bénéfices normaux" pour la banque.

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