Primaire républicaine : Marco Rubio, la surprise du caucus

Primaire républicaine : Marco Rubio, la surprise du caucus

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À LA MAISON BLANCHE – Marco Rubio a créé la surprise lundi dans l'Iowa lors des premières primaires républicaines en arrivant à la troisième place. Fils d'un barman et d'une femme de chambre cubains, amateur de rap et surnommé "l'Obama républicain", metronews vous explique tout ce qu'il faut retenir du sénateur de Floride et plus jeune candidat de la campagne présidentielle américaine.

C'est le cadet et la surprise de la campagne. Marco Rubio, 44 ans, a créé la surprise dans l'Iowa, le premier Etat où se sont tenues les primaires républicaines en vue de la présidentielle américaine. Lundi soir, le sénateur de Floride s'est emparé de la troisième place, avec 23% des voix, à quelques points de Ted Cruz, à 28%, et en s'approchant tout près des 24% récoltés a priori par Donald Trump. Porté par une belle dynamique (il a capté neuf points depuis le dernier sondage), Marco Rubio pourrait créer la surprise lors de cette campagne.

Le candidat favori du parti
Si les hiérarques républicains n'avaient jusqu'ici pas de favori, ils en ont peut-être trouvé un nouveau. Face au controversé Donald Trump, Marco Rubio rassure. D'autant que le candidat casse le cliché du conservateur traditionnel : certes, il va à la messe avec sa femme et ses quatre enfants, mais écoute depuis son adolescence des rappeurs comme Tupac. Lors de ses meetings, l'homme met en avant son image de conservateur rationnel, à l'opposé de la rhétorique enflammée d'un Donald Trump ou de l'idéologie ultra-conservatrice d'un Ted Cruz, créature du Tea Party détesté au Congrès. Avec toujours une même stratégie : ne pas attaquer frontalement ses adversaires.

Il est bilingue anglais-espagnol : un atout pour le parti républicain, délaissé par les électeurs hispaniques. Marco Rubio attire également les jeunes, séduits par son optimisme sur l'avenir de l'Amérique et par son histoire personnelle, celle d'un fils d'immigrés cubains qui s'est fait tout seul. Fils d'un barman d'hôtel et d'une femme de chambre, le candidat est né à Miami de parents ayant émigrés quinze ans auparavant pour fuir la pauvreté. Une histoire familiale qu'il cite invariablement, discours après discours, persuadé d'incarner le "rêve américain" de générations d'exilés venus chercher une vie meilleure en Amérique.

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"L'Obama républicain"
Ne vous y trompez pas. C'est loin d'être un éloge. Marco Rubio est régulièrement qualifié "d'Obama républicain" par ses rivaux, pour son âge (le même que le président actuel lors de son élection), son visage de jeune premier et son éloquence. Soit la pire insulte qui puisse être adressée à un candidat du Grand Old Party pour le discréditer. La cause de ce sobriquet : il avait soutenu en 2013 un texte bipartisan visant à réformer la politique d'immigration en régularisant les clandestins. Ce qui avait causé un véritable tollé chez les républicains et un gros coup de mou à sa cote de popularité. Le sénateur a depuis durci ses positions migratoires, forçant le trait conservateur sur tous les sujets, notamment les affaires étrangères, notamment hostile à la normalisation des relations avec Cuba. Plutôt interventionniste, il milite pour une présence forte des Etats-Unis dans le monde et a soutenu l'intervention en Libye, avant d'appeler à armer les rebelles syriens modérés.

Un conservateur pure souche
Quoi que ses opposants en disent, Marco Rubio s'inscrit bien dans la droite ligne du parti et reste un conservateur pur et dur. S'il entend jouer la carte du compromis, il tente avant tout de réunir les plus conservateurs avec des positions anti-avortement – même en cas de viol ou d'inceste –, contre le mariage gay ou le salaire minimum. Il est également un grand défenseur du port d'armes.

Par ailleurs, son score dans l'Iowa rappelle son élection au Sénat en 2010. Alors élu local, il avait défié aux primaires le candidat naturel du parti et était parti de zéro dans les sondages. Il avait su compter sur les voix du Tea Party pour s'imposer contre un modéré. Le début du chemin vers la Maison Blanche ? Réponse mi-juillet, lors de la convention nationale, au cours de laquelle le candidat du parti sera officiellement intronisé.

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