Primaires démocrates : pourquoi Joe Biden joue son va-tout samedi en Caroline du Sud

Primaires démocrates : pourquoi Joe Biden joue son va-tout samedi en Caroline du Sud

COUPERET - L'ancien vice-président Joe Biden mise gros sur le scrutin qui l'attend ce samedi en Caroline du Sud, ultime étape avant l'avalanche de votes du "Super Tuesday".

Pendant que Bernie Sanders culmine, faisant chuter les cours de la bourse aux dires de certains ("Le marché digère la probabilité de plus de 50% que Bernie obtienne l’investiture du parti démocrate", a, par exemple, déclaré jeudi Jeffrey Gundlach, l'un des gourous de Wall Street), le parti démocrate se demande où est passé Barack Obama. "L'establishment panique" ou "Présenter Bernie Sanders contre Trump serait un acte de folie" : les gros titres des médias américains reflètent ainsi le désarroi de certains démocrates modérés, qui revendiquent leur filiation avec le prédécesseur de Donald Trump à la Maison-Blanche. 

Et celui qui incarne, dans les primaires en cours, cette filiation, n'est autre que son ex-vice-président, Joe Biden, très à la peine. Au point qu'il jouera son va-tout dès samedi, lors du vote en Caroline du Sud.

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Une victoire lui permettrait en effet de se relever après ses résultats piteux dans l'Iowa et le New Hampshire, qu'il continue de traîner comme un boulet malgré un bon score par la suite dans le Nevada (en seconde position derrière Bernie Sanders), et relancer la dynamique de sa campagne avant le décisif "Super Tuesday", durant lequel 14 États voteront simultanément. 

Il lui est, en substance, reproché dans l'opinion : son âge (77 ans), sa forme, après des gaffes remarquées, ou sa faible capacité à battre Donald Trump. "Si vous gagnez la Caroline du Sud de manière décisive, vous préparez le 'Super Tuesday' et vous devenez le grand favori", synthétise Jim Clyburn, numéro trois de la majorité à la Chambre des représentants et Afro-Américain le plus haut placé au Congrès. Un dernier détail qui a son importance.

L'électorat noir, c'est la base de mon soutien, durant toute ma carrière. C'est l'une des raisons pour lesquelles Obama m'a choisi- Joe Biden

En effet, après trois scrutins disputés dans des États majoritairement blancs (Iowa, New Hampshire) ou à forte présence de la minorité hispanique (Nevada), celui de Caroline du Sud est le premier où la communauté afro-américaine aura une influence décisive. Dans cet État, 60% des Noirs votent démocrate et leur soutien sera donc plus que crucial pour devenir l'adversaire du milliardaire républicain à la présidentielle de novembre. C'est aussi là que Joe Biden compte le plus de soutiens potentiels. 

"Cet électorat, c'est la base de mon soutien, durant toute ma carrière. C'est l'une des raisons pour lesquelles Obama m'a choisi", a d'ailleurs cru bon de rappeler l'ancien vice-président lors du dernier débat démocrate à Charleston, mardi.

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Une simple victoire, sans une grande avance, pourrait toutefois ne pas suffire, affirment plusieurs experts. Et les sondages, qui le créditaient mercredi de 30,3% des intentions de vote, ne lui donnent plus que 28%, soit cinq petits points devant Bernie Sanders. Lequel, avec 29% des intentions de vote dans les sondages nationaux, pourrait se permettre de perdre la Caroline du Sud sans en pâtir lors du "Super Tuesday". 

En outre, le troisième homme, Tom Steyer, un autre "modéré" jouant toutes ses chances en Caroline du Sud, selon les données de Kantar Media, a investi plus de 18 millions de dollars pour bombarder de publicités la communauté noire de cet État, où il a organisé quelque 27 événements, et rallié un grand nombre d'élus locaux. Parmi eux, Gilda Cobb-Hunter, une influente élue du Congrès local, qui a ainsi taclé Joe Biden le 12 février dans le New York Times : "Bien qu’il y ait beaucoup de sympathie envers le vice-président du fait de son association au président Obama, cette relation doit être entretenue et nécessite un peu de travail." Une certitude : le silence de l'ex-Président ne l'aide pas.

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