Soutien à Cuba, lune de miel en URSS, apologie du viol… les critiques contre Bernie Sanders sont-elles fondées ?

Sanders, 78 ans, fait partie des favoris pour l'investiture démocrate.

À LA LOUPE – Le candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine est la cible de nombreuses critiques, dans son camp comme dans celui des républicains. Des accusations pas toujours infondées, mais bien souvent exagérées.

Alors que la course à l'investiture démocrate bat son plein aux États-Unis en vue de l'élection présidentielle de novembre prochain, le candidat Bernie Sanders fait partie des favoris. Le sénateur du Vermont, qui se présente comme "socialiste", n'est pas épargné pas les critiques, venues de tous les bords politiques, y compris du sien. Gros plan sur les principaux reproches qui lui sont adressés, pas tous fondés.

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Se montre-t-il complaisant à l'égard de Cuba ?

La main tendue par Barack Obama lors de son second mandat laissait présager un réchauffement des relations diplomatiques entre Cuba les États-Unis. Mais c'était sans compter sur l'élection de Donald Trump, qui a renoué avec la fermeté habituelle des Américains envers leur voisin insulaire. 

Dans ce contexte de tension, comment se positionne Bernie Sanders ? Outre-Atlantique, on l'accuse de complaisance avec le régime cubain, ses adversaires n'hésitant pas à voir dans son socialisme revendiqué une proximité avec le communisme, si longtemps combattu par les États-Unis. Une photographie de 1959 a notamment été relayée par ses opposants, un cliché sur lequel on l'apercevrait à La Havane marchant aux côtés de Fidel Castro. Si Bernie Sanders, 78 ans aujourd'hui, aurait été en âge de se déplacer sur l'île à l'époque, l'homme en question sur cette image n'était autre qu'un ministre du Conseil économique national.

Le sénateur a néanmoins souligné à plusieurs reprises certaines réussites du régime cubain. Il a ainsi salué publiquement le programme éducatif et d'alphabétisation mené par Fidel Castro a son arrivée au pouvoir, et qui a largement porté ses fruits à la fin des années 1950. De là à en faire un communiste convaincu ? Sans doute pas. Mais pas de quoi empêcher ses opposants de faire le raccourci. Sur le plateau de CNN ces derniers jours, Bernie Sanders a tenu à rappeler sa position "très critique envers tous les régimes autoritaires à travers le monde, que ce soit Cuba, le Nicaragua ou encore l'Arabie Saoudite. 

A-t-il passé sa lune de miel en URSS ?

En évoquant un voyage réalisé en URSS avec son épouse, Bernie Sanders a un jour qualifié cette excursion en terre soviétique de "curieuse lune de miel". Une déclaration reprise contre lui et qui accrédite le discours ses opposants qui tentent de le discréditer en lui attribuant des tendances communistes.  

Le voyage dont il est question, Sanders et son épouse l'ont réalisé en 1988 durant la Perestroïka, quelques années avant l'éclatement du bloc soviétique. Nous étions alors loin de "l'apogée de la Guerre froide", rappelle le site américain Snopes, qui précise que les époux Sanders ne sont pas rendus en URSS pour des vacances en amoureux, mais dans le cadre d'un déplacement officiel. Alors maire de Burlington, dans le Vermont, Bernie Sanders s'y rendait pour officialiser un jumelage avec la ville de Yaroslav. La véritable lune de miel du couple, quant à elle, s'est déroulée l'année suivante, du côté de Sainte Lucie. Une destination de choix dans les Antilles un peu plus conventionnelle pour célébrer des noces. 

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Soutient-il le puissant lobby américain des armes ?

Les critiques contre Bernie Sanders ne sont pas uniquement formulées par ses opposants républicains. Déjà candidat à l'investiture démocrate en 2016, il était alors aux prises avec Hillary Clinton, avec qui les échanges se sont parfois révélés musclés. La future adversaire de Donald Trump avait notamment pointé du doigt lors d'une de leurs passes d'armes les liens entre Bernie Sanders et les lobbies de l'armement. 

Durant sa carrière politique, "il a été un soutien très fidèle à la NRA", lui lançait alors Hillary Clinton. La NRA en question, ou National Rifle Association, défend farouchement le droit au port d'arme et combat avec une énergie sans limite toutes les tentatives de régulation liées aux armes à feu sur le sol américain. 

Ces accusations sont-elles fondées ? En partie seulement. Comme l'a relevé Politifact outre-Atlantique, une telle mise en cause "est un peu tirée par les cheveux". Et pour cause : si le sénateur a voté contre des textes de loi importants sur le contrôle des armes, il s'est opposé à une série d'autres projets de lois sur le sujet. Il est ainsi qualifié par la presse de "ni pro, ni anti", et n'a officiellement jamais reçu de soutien des membres de la NRA. 

A-t-il fait l'apologie du viol dans un journal ?

À l’issue du débat télévisé de la mi-janvier, sa concurrente démocrate Elizabeth Warren ne saisit pas la main de Bernie Sanders qui la lui tendait et lui demande s'il ne vient pas de la traiter de menteuse sur la télévision nationale. Bernie Sanders préfère ne pas évoquer ce moment en plateau, mais cette scène lui vaudra toutefois d'être taxé de sexisme. Les médias américains se sont alors interrogés sur son rapport aux femmes, et ont largement commenté des écrits troublants signés par Sanders en 1972. Dans un journal alternatif du Vermont aujourd'hui disparu, le sénateur avait pris la plume et disserté sur les fantasmes sexuels. Il avait alors égrené une série de réflexions et prêté à une femme des envies de viols. 

Ce bref passage est pointé du doigt par certains de ses opposants, un proche du démocrate Michael Bloomberg n'hésitant pas à évoquer le "côté cinglé" de Bernie Sanders. Ce dernier n'a jamais nié la paternité de ces mots, mais a regretté qu'ils soient utilisés contre lui près de 50 ans après leur publication. Si Bernie Sanders n'a pas effectué à proprement parler d'apologie des agressions sexuelles, cet extrait fait clairement écho à ce qu'on qualifie désormais de "culture du viol" et ne manque pas de lui être opposé.

Son équipe de campagne, en 2016, avait regretté cet article, n'hésitant pas à le qualifier de "tentative ridicule de satire sombre dans une publication alternative". Ces écrits, a-t-on plaidé dans son camp, ne "reflètent en rien son point de vue ou sa considération des femmes".  

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