Procédure d'impeachment lancée contre Trump : qui sont les acteurs de l'affaire ?

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La présidence Donald Trump

ETATS-UNIS - L'enquête lancée par les démocrates au Congrès américain dans l'espoir de destituer Donald Trump entre dans une nouvelle phase mercredi avec les premières auditions publiques de deux diplomates.

Donald Trump sur la sellette ? Après plus d'un mois d'auditions à huis clos, l'enquête du Congrès américain visant à déloger le magnat de l’immobilier de la Maison Blanche entre dans le vif du sujet. Dès ce mercredi 13 novembre débutent les auditions publiques d’une dizaine de responsables. L’occasion pour LCI de dresser le portrait des protagonistes d’une enquête considérée comme une "chasse aux sorcières" par l’entourage du président.

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Un mystérieux lanceur d’alerte

C’est lui qui, cet été, a mis le feu aux poudres : un employé de la CIA – dont le nom demeure à ce jour toujours confidentiel – a déclenché la procédure de destitution en signalant à ses supérieurs un curieux échange téléphonique qui a eu lieu le 25 juillet. Ce jour-là, Donald Trump a demandé au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, d'enquêter sur son rival démocrate, Joe Biden. Qui est ce lanceur d’alerte ? Très peu de détails ont filtré. Le New York Times croit savoir qu’il a eu une formation d'analyste, qu'il a un temps été affecté à la Maison Blanche et qu'il connaît la politique ukrainienne. Cet agent, qui n'a pas été le témoin direct de l'entretien téléphonique, a recoupé certaines de ses informations dans le cadre des "relations régulières inter-agences".

Volodymyr Zelensky, le président ukrainien sous pression

Le président ukrainien s’est retrouvé malgré lui embarqué dans le scandale qui secoue le pouvoir américain après s'être entretenu, le 25 juillet, avec Donald Trump. Officiellement, les deux dirigeants se sont contenté d'évoquer au cours de leur entretien "les moyens de renforcer les relations entre les Etats-Unis et l'Ukraine", dixit la Maison Blanche. 

Mais surtout, le président américain a demandé à son homologue de se "pencher" sur le cas de l'ancien vice-président Biden, ce qui a fait éclater le scandale, et ce quelques jours après avoir suspendu plusieurs centaines de millions de dollars d'aide militaire envers l'Ukraine.

Rudy Giuliani, l'avocat de Trump chargé de faire chuter Joe Biden

L’ancien maire de New York s’est retrouvé impliqué en sa qualité d’avocat personnel de Donald Trump. Raison pour laquelle son nom a été évoqué au cours de la discussion téléphonique : "Rudy sait très bien ce qui se passe et c'est un mec très doué (...) si vous pouviez lui parler, ça serait super", a recommandé le milliardaire républicain, selon la transcription de sa conversation téléphonique avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Pourquoi l'avocat personnel du président américain se retrouve-t-il dans un dossier ukrainien ? Car il a été chargé de travailler avec les autorités locales dans l'enquête sur Joe Biden, accusé d'avoir eu des intérêts suspects en Ukraine. Rudy Giuliani a rencontré plusieurs responsables ukrainiens. Il assure toutefois avoir agi en concertation avec le département d'Etat.

Adam Schiff, l'enquêteur qui accuse Trump de "marchandage"

L'élu démocrate, 59 ans, préside la puissante commission du Renseignement de la Chambre des représentants. A  ce titre, il supervise l'enquête sur les agissements de Donald Trump. C'est lui qui a diffusé la plainte du lanceur d'alerte et qui a entendu le directeur du renseignement national, Joseph Maguire, qui avait bloqué le signalement. Pour Adam Schiff, la plainte met en évidence le "marchandage" initié par Donald Trump : le déblocage d'une aide militaire contre la coopération de Kiev dans l'enquête sur la famille Biden. Il a ainsi comparé Donald Trump à "un chef mafieux".

Nancy Pelosi, la boss des démocrates

Si la destitution a pris une tournure politique, c’est grâce à elle. La présidente démocrate de la Chambre des représentants a donné son feu vert fin septembre pour l'ouverture d'une enquête parlementaire. Rien n’était gagné, puisque cette adversaire acharnée du milliardaire républicain s'est longtemps opposée à l'aile gauche de son parti, qui réclamait une mise en accusation de Donald Trump. Selon cette fine tacticienne, la procédure d’impeachment est un pari risqué pour les démocrates, notamment en raison du calendrier, puisque les républicains se sont remobilisés avant la présidentielle.

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William Taylor, témoin à charge

C'est avec ce chargé d'affaires américain qui était en poste à Kiev que vont débuter les auditions publiques devant les élus du Congrès. Ces derniers connaissent déjà son récit, l'homme s'étant livré devant eux à huis-clos en octobre. Mais sa version des faits, publique, promet d'être explosive : William Taylor a en effet confirmé que, selon les retours qui lui avaient été faits d'une réunion organisée le 1er septembre à Varsovie, l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne Gordon Sondland avait franchement expliqué aux Ukrainiens les termes du marché. A savoir que "l'argent pour l'aide sécuritaire ne serait pas débloqué tant que le président Zelensky ne s'engagerait pas à lancer l'enquête sur Burisma", l'entreprise gazière qui avait Hunter Biden, fils de Joe Biden, dans son conseil d'administration.

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