Procès de Peter Madsen : plongée dans les entrailles d'un crime en eaux troubles

Procès de Peter Madsen : plongée dans les entrailles d'un crime en eaux troubles

International
DirectLCI
JUSTICE - Le procès de Peter Madsen, accusé du meurtre de la journaliste suédoise Kim Wall à bord de son sous-marin le Nautilus en août dernier, s'est ouvert ce jeudi matin à Copenhague. Si cet ingénieur danois a reconnu avoir découpé le corps de la jeune femme, il nie l'avoir tuée et réfute le portrait d'un pervers aux fantasmes sexuels sadiques dressé par l'accusation.

On l’appelait le "Nautilus". Il est désormais connu comme le sous-marin de l’horreur. C’est dans les entrailles de ce submersible artisanal construit par le Danois Peter Madsen que la journaliste suédoise Kim Wall a trouvé la mort en août 2017 dans des circonstances sordides. Un huis clos macabre en eaux troubles qui se retrouve devant la justice depuis ce jeudi matin matin à Copenhague. 


La personnalité complexe de l’inventeur Danois accusé de  l’avoir tuée devrait être au cœur des douze journées d’audience. Selon l'acte d'accusation, Peter Madsen a infligé des multiples sévices à la jeune femme de 30 ans avant de la tuer, de découper son corps et de jeter les morceaux par-dessus bord. Son torse, sa tête, ses bras… ont été découverts un à un dans la baie de Køge, près de la capitale danoise. 


L’homme de 47 ans affirme que la journaliste venue faire un reportage sur lui est morte par accident. Mais les multiples versions de l’accusé et l’autopsie de la victime n’ont pas permis de déterminer la cause du décès. Les enquêteurs sont eux convaincus que Peter Madsen avait prémédité son crime en apportant à bord du Nautilus un couteau, des sangles et colliers de serrage ou encore des tournevis affutés. Pour eux, il aurait tué Kim Wall afin d’assouvir un fantasme sexuel. L’autopsie a révélé 14 plaies internes et externes au niveau du sexe de la victime, dues à un objet coupant et infligées alors qu'elle était vivante.  A l'ouverture des débats, Peter Madsen a, sans surprise, nié avoir tué la reporter.

Une personnalité obscure

Au Danemark,"Rocket-Madsen" était  bien connu du grand public. Passionné de sous-marins et de fusées depuis son adolescence, cet ingénieur autodidacte avait construit en 2008 l'UC3 Nautilus, le plus grand sous-marin artisanal du monde et ambitionnait de se lancer dans l’exploration spatiale. Il rêvait de devenir le premier homme à explorer le monde dans une fusée fait-maison. Mais si son ambition pour les projets incroyables était connue de tous, sa personnalité et sa vie privée restaient plus énigmatiques. Quand certains de ses proches le décrivaient comme un créatif non-violent, d'autres se montraient plus nuancés dépeignant son tempérament erratique et autoritaire, et son refus de la contradiction.


"Le fil directeur de sa vie, ce sont les conflits. Il a du mal à se mettre d'accord avec les autres, il a de grandes ambitions et veut tout faire à sa manière", a résumé à l’AFP son biographe, Thomas Djursing. C’est peut-être pour percer ce mystérieux personnage que la journaliste indépendante Kim Wall, fascinée par les destins hors du commun, avait décidé de faire son portrait. 

En vidéo

La mystérieuse disparition de la journaliste Kim Wall

Des vidéos de décapitation de femmes

L’enquête a fait émerger plusieurs témoignages éclairants le portrait du meurtrier présumé. D’anciennes liaisons l’ont décrit comme un homme aux multiples perversions sexuelles, adepte de scénarii sado-masochistes, et pratiquant des simulacres d'étranglement. L'étude de son disque dur découvert dans son atelier – dont il nie être le propriétaire - a révélé de nombreuses vidéos de femmes, visiblement réelles selon l’accusation, violées, torturées, décapitées et brûlées.


A 19 heures, le 10 août 2017, le Nautilus larguait les amarres. Kim Wall souriante sera aperçue pour la dernière fois par des plaisanciers aux côtés de l’inventeur depuis la tourelle du sous-marin entre le littoral danois et les côtes suédoises. Si les charges sont aujourd’hui accablantes, l’accusé est le seul à pouvoir répondre durant ce procès aux questions des proches : pourquoi et comment est morte la jeune femme. Il encourt la prison à vie pour meurtre avec préméditation, atteinte à l'intégrité d'un cadavre et agression sexuelle.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter