Procès en destitution : Donald Trump veut faire taire son ex-conseiller John Bolton

Donald Trump et John Bolton
International

PASSE D'ARMES - Donald Trump a attaqué son ancien conseiller à la sécurité John Bolton sur les réseaux sociaux, lui reprochant de nombreuses "erreurs de jugement". Le néoconservateur, prêt à témoigner dans le cadre de la procédure de destitution lancée contre Trump, s'apprête à sortir un livre qui contiendrait des informations sur la sécurité nationale.

Donald Trump règle ses comptes avec son ancien conseiller à la sécurité nationale. Le chef d'Etat américain s'en est violemment pris mercredi à John Bolton, prêt à témoigner au procès en destitution du président américain en Sénat, en le taxant d'ingratitude et en assurant qu'il l'avait "supplié" de lui donner un travail. "Pour un gars qui ne pouvait pas être approuvé pour un poste d'ambassadeur aux Nations unies il y a des années, qui n'a pu être approuvé pour rien du tout depuis, qui m'a 'supplié' pour que je lui donne un boulot où il n'aurait pas besoin d'être approuvé par le Sénat, que je lui ai donné malgré les nombreux 'Ne le faites pas, monsieur'...", a tonné le président sur Twitter.

"Il a pris le boulot, a parlé par erreur de 'modèle libyen' à la télé, a fait plein d'autres erreurs de jugement, s'est fait virer parce que franchement, si je l'écoutais, on en serait à la Sixième Guerre mondiale, il s'en va et immédiatement il écrit un livre faux et méchant. Tout y est classé sécurité nationale. Qui ferait ça?", a-t-il ajouté.

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Destitution : un procès pour Trump

Néoconservateur connu pour ses positions belliqueuses, John Bolton a été renvoyé de l'administration Trump en septembre dernier en raison de son désaccord avec le président républicain sur de nombreux dossiers sensibles, de l'Afghanistan à la Corée du Nord. Depuis son départ de la Maison Blanche, John Bolton a étalé ses désaccords avec le milliardaire new-yorkais et, une fois la procédure de destitution à son encontre entamée, a fait savoir qu'il était prêt à témoigner au Sénat, ce que la Maison Blanche refuse catégoriquement.

John Bolton va bientôt publier un livre où il affirme que Donald Trump lui a confié ne pas vouloir débloquer une aide militaire pour l'Ukraine si Kiev n'enquêtait pas sur son adversaire, Joe Biden. Des accusations déjà formellement démenties par le locataire de la Maison Blanche qui l'a accusé de vouloir "vendre son livre". C'est ce "chantage" dénoncé par l'opposition démocrate qui est au centre de la procédure de destitution enclenchée contre le 45e président des Etats-Unis.

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Des enjeux sur la sécurité nationale

Il se pourrait toutefois que le livre de révélations ne paraisse pas comme prévu, la Maison Blanche ayant interdit à son ancien conseiller de le publier en l'état. Le manuscrit semble "contenir des informations confidentielles", dont certaines "pourraient causer des torts exceptionnellement graves à la sécurité nationale", lui a écrit le Conseil à la sécurité nationale (CSN), en lui demandant de supprimer ces passages. "Nous ne pensons pas que les informations (contenues dans les chapitres sur l'Ukraine) puissent raisonnablement être considérées comme confidentielles", a répondu l'avocat de l'ancien conseiller, Chuck Cooper.

Dans l'hémicycle du Sénat, l'avocat du président Trump, Patrick Philbin, s'est fait l'écho de la Maison Blanche. "John Bolton connaît tous les secrets de la Nation" et ne peut pas être auditionné publiquement, a-t-il dit. Plus généralement, "cette institution serait paralysée pendant des mois" si le Sénat autorisait la convocation de nouveaux témoins, a-t-il plaidé.

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