Procès Pistorius : la défense passe à l'offensive

Procès Pistorius : la défense passe à l'offensive

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AFRIQUE DU SUD - Tentatives de déstabilisation ou questions à répétition, l'avocat d'Oscar Pistorius a usé de différents stratagèmes pour mettre à mal les dires du principal témoin. Au cours de cette deuxième journée, il est tout de même parvenu à soulever une question essentielle.

Au deuxième jour du procès Pistorius, la défense a joué la carte de l'attaque. Après une journée passée à écouter les témoignages des voisins, expliquant ce qu'ils avaient entendu le soir de la mort de Reeva Steenkamp, Barry Roux, l'avocat de l'athlète, s'est montré très offensif face à Michelle Burger, témoin-clé de l'affaire. Cette maître de conférences à l'université de Pretoria a dû subir près de quatre heures d'interrogatoire agressif et parfois humiliant, avant de fondre en larmes en fin d'audience.

Pendant cet entretien virulent, la femme a répété à de nombreuses reprises les éléments déjà évoqués la veille. "Quand je suis sous la douche, je revis ses cris!", lâche-t-elle. A la barre, elle a déjà décrit et répété plusieurs fois les hurlements ''absolument pétrifiants'' e ntendus la nuit du drame avant quatre coups de feu.

Son honnêteté mise en doute

Durant cette journée, la stratégie du défenseur d' Oscar Pistorius a été de continuer le travail de sape entrepris lundi. Tout l'amplifiant : il a pointé l'ordre dans lequel elle a perçu les cris et les tirs, ou encore sa capacité à distinguer une voix de femme de celle d'un homme qui aurait pu être Pistorius lui-même, au comble de l'anxiété. Avant de mettre en doute son honnêteté et celle de son mari.

Persistant dans cette voie, il a lourdement insisté pour savoir si elle savait seulement reconnaître le bruit d'une arme à feu, suggérant qu'elle aurait pu confondre les tirs avec les coups de batte de cricket portés par l'athlète handicapé pour défoncer la porte fermée à clé des WC de sa chambre.

''Vous avez entendu un homme crier à l'aide. Cela n'a pas de sens...`''

Tout au long, Barry Roux a cherché les incohérences dans sa version poussant Michelle Burger à se contredire, lui suggérant "de prendre du recul", l'accusant de "refuser toute concession qui pourrait bénéficier à l'accusé". Le tout en reposant maintes fois les mêmes questions, au point d'impatienter le parquet et même la juge Thokozile Masipa qui l'a rappelé à l'ordre après un commentaire sarcastique déplacé. ''Je m'excuse'', a-t-il brièvement lâché en réponse.

A l'issue de ce témoignage, l'avocat aura fini par soulever une question : "vous avez entendu un homme crier à l'aide (...) Cela n'a pas de sens qu'un homme sur le point de tuer sa petite amie se mette à crier ainsi".

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