Que fait l’Arménie au sein de la Francophonie ?

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PLUS ON EST DE FOUS – Si la plupart des pays francophones font logiquement partie de l’Organisation internationale de la Francophonie, cette instance compte également en son sein le Qatar, l'Autriche et, depuis ce jeudi, l'lrlande, Malte, la Louisiane et la Gambie.Des pays où l’apprentissage et la pratique du français sont plus que modestes. Explications.

Quel est le point commun entre l’Albanie, le Qatar, l’Autriche ou encore le Mexique ? Tous sont membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), les deux premiers en tant que membres de plein droit et les deux autres comme observateurs. C’est également le cas de l’Arménie, admise comme membre permanent en 2008, et où se tient actuellement le XVIIe Sommet de l'OIF.


A première vue pourtant, le lien de ces pays avec la langue de Molière ne saute pas aux yeux. Bien sûr la culture française, de la littérature à la musique, rayonne bien au-delà des pays francophones. Mais de là à intégrer une organisation dont la principale mission est la promotion du français ? Le cas de l’Arménie est atypique. Ses liens avec la France sont forts, comme l’a encore récemment montré l’hommage rendu à Charles Aznavour. D’autre part, la communauté d'origine arménienne en France compte environ 600.000 membres, dont 400.000 nés dans l'Hexagone.


Néanmoins, l’apprentissage du français reste embryonnaire en Arménie. Certes, des efforts sont faits depuis 2008 pour promouvoir son apprentissage. Mais à peine 6% des Arméniens ont des notions de français, soit environ 200.000 personnes sur les 3 millions d'habitants.

L'Arabie saoudite n'aura pas la même chance que le Qatar

En réalité, l’OIF n’est pas seulement un organisme de promotion de la langue française. Ses prérogatives sont plus larges. Dans ces missions, elle cite notamment la promotion de la paix, des valeurs démocratiques ou encore la défense des droits de l’Homme. Ce que l’on sait un peu moins, c’est que les États-membres y cherchent également des intérêts économiques voire géopolitiques. 


"Les motivations des candidats sont très diverses et, souvent, ce ne sont pas celles qui sont avancées officiellement", rappelait un diplomate européen en poste à Paris il y a quelques années. Par exemple, certains pays de l'ancien bloc soviétique y trouvent un moyen de s’émanciper de la tutelle de Moscou et s'ouvrir à l'international. C’est le cas de la Lituanie, de la Géorgie, de la Lettonie ou encore de l’Estonie, qui ont tous les quatre rejoint au cours de ces vingt dernières années l’OIF en tant qu’observateurs. 

Quatre nouveaux observateurs : l'Irlande, Malte,la Gambie et la Louisiane

D’autres, à l’instar du Qatar, y cherchent tout simplement un moyen d'accroître leur influence. D’ailleurs, l’émirat a eu le privilège en 2012 de devenir directement membre associé de l’OIF sans avoir à passer par la case observateur, ce qui est pourtant le cas habituellement. Si certains ont justifié ce passe-droit par l'engagement de Doha à renforcer l’apprentissage du français, d’autres y ont surtout vu une manière pour cette pétromonarchie de développer son influence en Afrique de l'Ouest, en grande partie musulmane.


Signe peut-être d’une certaine inflexion, l’Arabie saoudite, qui souhaitait intégrer cette année l’OIF, a finalement retiré sa candidature face aux critiques suscitées par cette requête. Ce jeudi, Emmanuel Macron a d’ailleurs appelé à une révision de la Charte de la Francophonie, pour notamment se pencher sur les modalités d'adhésion. L'organisation a fait savoir par ailleurs qu'elle accueillait 4 nouveaux observateurs :  l'Irlande et Malte, qui comptent respectivement 12% et 13% de francophones,  selon l'OIF, ainsi que la Gambie, petit pays largement anglophone mais entouré  de pays francophones, et enfin la Louisiane. Ces quatre nouveaux membres viennent ainsi s'ajouter aux 26  autres Etats et gouvernements observateurs de l'OIF, sur un total de 84  membres.  

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