Que sait-on de l'interpellation du journaliste Olivier Bertrand en Turquie ?

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LIBERTE DE LA PRESSE - Le journaliste français Olivier Bertrand a été arrêté par la police turque alors qu’il était en reportage à Gaziantep pour Les Jours. Plus de 24 heures après son interpellation, l’ambassade et le Quai d’Orsay multiplient les contacts pour le faire libérer.

Voilà trente heures environ qu’il a été arrêté. Olivier Bertrand, co-fondateur et journaliste du site d’information en ligne Les Jours, a été interpellé par la police turque à Gaziantep, au sud-est du pays, en plein reportage.


Depuis, peu de nouvelles parviennent à filtrer sur sa situation. On sait d’abord qu’il a été embarqué par la police avec son photographe et traducteur. Un "fixeur" qui a finalement été remis en liberté cinq heures plus tard, selon nos informations. Olivier Bertrand, quant à lui, reste toujours pour l’instant détenu, sans interprète à ses côtés. "On sait qu’il est en centre de rétention administrative à Gaziantep" confirme à LCI Isabelle Roberts, co-fondatrice du site. "L’ambassade et le Quai d’Orsay multiplient les contacts pour le faire libérer" précise-t-elle.

Une intimidation ?

De leur collègue, les journalistes des Jours n’ont plus de nouvelles depuis vendredi, 17 heures. Arrêté à la mi-journée, Olivier Bertrand a en effet pu conserver son téléphone et communiquer vers l’extérieur durant les premières heures de sa détention, avant que tout contact ne soit coupé.


Du côté de Reporters sans frontières, Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est, assure à LCI que leur "représentant en Turquie a pu lui parler alors qu’il était emmené en voiture à un rendez-vous médical, comme le veut la procédure en garde à vue". Et confirme que cette interpellation n’a été assortie d’aucun motif. : "Pour l’heure, aucune raison n’a été invoquée pour justifier sa rétention. Mais le cas d’Olivier n’est pas isolé. Il est assez fréquent que des journalistes étrangers se fassent interpeller à Gaziantep. Les services de renseignements sont paranoïaques et il y a des excès de zèle de la part de la police qui ressemblent bien à des intimidations."

"Violation quotidienne de la liberté de la presse"

Les principaux syndicats de journalistes, quant à eux, ont publié ce samedi 12 novembre un communiqué commun pour appeler la profession à se mobiliser et demander "un rendez-vous au ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault". "Les syndicats français (…) exigent du gouvernement français qu’il fasse le nécessaire auprès des autorités turques, dans ce contexte de violation quotidienne de la liberté de la presse par le régime de l’AKP en Turquie."

Depuis le coup d’Etat raté contre le président turc Erdogan, la purge des médias s’est intensifiée de manière impressionnante. Cet été, LCI interviewait l’ancien rédacteur en chef d’un journal national d’opposition, forcé à l’exil à France. Il risquait la prison dans son pays, pour le simple fait d’avoir exercé son métier.

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